En 1186, les Ghurides, une dynastie iranisée régnant en Afghanistan, s’emparent de Lahore, au Pendjab, l’ancienne capitale des Ghaznévides, ainsi que de tout le bassin du Gange, de Delhi jusqu’au Bengale. À la mort du souverain ghuride Mu‘izz al-Dīn, en 1206, un de ses lieutenants turcs, Qutb al-Dīn Aybak, se proclame « roi » à Lahore, puis installe sa capitale à Delhi. En 1210, Iltutmish, son gendre, un Turc d’origine servile également, lui succède à la tête du nouveau sultanat : on parle alors des « rois-esclaves ». En théorie vassal du calife abbasside de Bagdad et donc sunnite, Iltutmish affirme son pouvoir et conquiert la province méridionale du Sind. En 1229, son indépendance est entérinée, puisqu’il reçoit l’investiture officielle du calife abbasside. Pendant deux siècles, le sultanat de Delhi fut, comme l’Égypte mamelouke, une terre d’Islam, préservée des Mongols. Mais en 1398, le sac de la capitale par Tamerlan marque le début de l’affaiblissement du sultanat de Delhi et de son éclatement en sultanats régionaux. Après trois siècles d’existence, celui-ci disparut définitivement en 1555, et fut intégré à l’empire des Grands Moghols.
Pascal BURESI
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