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SUBLIME, philosophie

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4.  Le problème de la présentation

Mais si le sublime peut se définir comme la présentation du métaphysique, on ne peut manquer de voir apparaître une redoutable difficulté. Toute présentation étant par définition sensible (physique), comment du non-sensible ou du suprasensible peut-il se présenter ou se manifester ?

La tradition la moins philosophique du sublime ne s'embarrasse guère de cette difficulté : elle renvoie tout à un sentiment, une intuition, une sidération de l'âme ou une extase – bref, à un « je-ne-sais-quoi ». Mais quand le motif du sublime devient expressément un motif philosophique, il n'en va pas de même : c'est cette difficulté qui vient occuper le premier plan.

Un premier moyen de combattre cette difficulté est de montrer que le statut de la présentation, dans le cas du sublime, est paradoxal : la présentation ne présente rien. Il y a bien une présentation, c'est-à-dire une manifestation sensible. Mais cette manifestation ne peut faire mieux que d'indiquer indirectement, restrictivement ou négativement, ce qui, en droit, ne peut pas se présenter. L'éclair, dans les derniers poèmes de Hölderlin, est un signe de Dieu ; il n'en est pas la manifestation. De même, dans la sentence d'Isis rapportée par Kant, la déesse n'énonce que ceci, qu'elle est indévoilable.

La difficulté n'en est pas surmontée pour autant. Dire que le sublime est en somme la présentation négative d'un imprésentable (version philosophique la plus courante) revient toujours de fait à constituer cet imprésentable en un présentable en puissance qui, tout simplement, n'attend qu'une présentation à sa mesure. C'est pourquoi l'on n'est jamais loin, avec le sublime, d'un certain pathos de l'impuissance, c'est-à-dire d'une pathétique. Et c'est pourquoi encore Kant, qui maintient avec la plus grande rigueur le motif de la non-présentation du suprasensible (de ce qu'il appelle les Idées), est conduit pour finir à exemplifier, vertigineusement, le sublime par l'énoncé même de la loi mosaïque portant  […]

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