Encyclopædia Universalis, le portail de la connaissance
Zone de recherche

Dictionnaire

SUBLIME, philosophie

« Sublime » transcrit le latin sublime, neutre substantivé de sublimis, qui lui-même traduit le grec to hupsos. La formation du mot latin s'explique mal, mais le sens est tout à fait clair : sublimis (de sublimare, élever) signifie : haut dans les airs, et par suite, au sens physique comme au sens moral, haut, élevé, grand. Ce qui traduit parfaitement le grec hupsos, si l'on songe par exemple que ho hupsos, dès la première diaspora en terre hellénique, désigne le Dieu de la Bible : le Très-Haut.

Comme catégorie rhétorique ou critique, le sens de « sublime » paraît s'être fixé au cours du ier siècle après J.-C. Le mot et ses dérivés (sublimitas) sont présents chez Pline et Quintilien. Mais le plus ancien document concernant le sublime – et, pour nous, le texte fondateur de la tradition du sublime – est le traité Peri hupsous d'un critique grec du ier siècle, longtemps attribué à tort à Longin, philosophe et rhéteur du iiie siècle, ministre de Zénobie reine de Palmyre, exécuté par les Romains en 273.

Ce texte, redécouvert à la Ren […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages… Offre essai 7 jours

Autres références

« SUBLIME, philosophie » est également traité dans :

AFFECTIVITÉ

Auteur :  Marc RICHIR

Dans le chapitre "La disjonction de l'affect et de la passion : Kant" : …  que dans le moment de leur irruption, leur détente incitant à schématiser le temps dans le temps. *De la sorte, ils peuvent être dits « sublimes », c'est-à-dire ouvrir, du cœur de leur caractère sensible, sur l'illimité, et, par là, sur l'abîme du suprasensible. En ce sens, même la colère peut être sublime, en tant non pas qu'elle « asservit » la… Lire la suite
ARTS POÉTIQUES

Auteur :  Alain MICHEL

Dans le chapitre "Éloquence et poésie" : …  « harmonies » et la métrique (De compositione uerborum) ; d'autre part, le Traité du *sublime du pseudo-Longin, dont l'auteur en réalité est inconnu, a dû paraître dans la seconde partie du ier siècle après J.-C. L'influence dominante, cette fois, est stoïco-platonicienne. La grandeur d'âme est une vertu que… Lire la suite
CORNEILLE PIERRE (1606-1684)

Auteur :  Paul BENICHOU

Dans le chapitre "La gloire" : …  contre eux-mêmes quand elle se voit menacée par les mouvements naturels de l'instinct. L'élan du *sublime où le moi affirme sa propre grandeur et l'injonction du devoir à laquelle il se plie procèdent du même mouvement glorieux. Psychologiquement, le héros se gouverne par les démarches de l'orgueil : c'est l'orgueil qui est à la fois une… Lire la suite
CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER, livre de Emmanuel Kant

Auteur :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Le beau et le sublime" : …  c'est que la pensée critique offre une reformulation en profondeur des grandes questions du temps. *Ainsi du sublime, qui dans le goût des Lumières avait progressivement supplanté le beau. Comment expliquer l'alliance paradoxale du plaisir, caractéristique du sentiment esthétique, et de ce qu'Edmund Burke, dans sa Recherche philosophique (… Lire la suite
DU SUBLIME, Pseudo-Longin

Auteur :  François TRÉMOLIÈRES

La Littérature européenne et le Moyen Âge latin (1948), salue-t-il le petit traité *Du sublime (Péri Hupsous) – un sommet selon lui de la rhétorique antique. Nous ne connaissons le texte qu'à partir d'un manuscrit lacunaire du xe siècle. Il a longtemps été attribué à Longin, rhéteur grec et homme d'État du… Lire la suite

Afficher la liste complète (15 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Retour en haut

Bibliographie

Ouvrages de référence

H. J. Hofmann, Die Lehre vom Erhabenen bei Kant und seinen Vorgängen, Hohman, Halle, 1913

S. Monk, The Sublime, 1935, rééd. Michigan Univ. Press, Ann Arbor, 1960

T. A. Litman, Le Sublime en France (1660-1714), Nizet, Paris, 1971

« Le Sublime », in Revue d'histoire littéraire de la France, Armand Colin, Paris, 1986

J.-F. Lyotard, Leçons sur l'« Analytique du sublime », Galilée, Paris, 1991

T. E. B. Wood, The Word « sublime » and its Context : 1650-1760, Mouton, La Haye-Paris, 1972.

La tradition du sublime

Longin, Du sublime, trad. H. Lebègue, Les Belles Lettres, Paris, 1965

N. Boileau, Œuvres complètes, coll. La Pléiade, Gallimard, Paris, 1961

J.-F. Marmontel, Les Éléments de littérature, nouv. éd., Paris, 1846-1847

D. Diderot, Œuvres esthétiques, éd. P. Vernière, Garnier, Paris, 1959

D'Alembert, Mélanges de littérature, Œuvres III, Paris (s.d.)

« Sublime », in Encyclopédie, Paris, 1751-1780

E. Burke, Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau (A Philosophical Enquiry into the origin of our ideas of the sublime and beautiful, 1757), trad. E. Lagentie de Lavaïsse, Vrin, Paris, 1973

E. Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime (Beobachtungen über das Gefühl des Schönen und Erhabenen, 1764), trad. B. Lortholary, Œuvres philosophiques I, coll. La Pléiade, Gallimard, 1980

Critique de la faculté de juger (Kritik der Urteilskraft, 1790), trad. J.-R. Ladmiral, Marc B. de Launay, J.-M. Vaysse, Œuvres philosophiques II, ibid., 1985

F. Shiller, Philosophische Schriften und Gedichte, Meiner, Leipzig, 1922

F. W. Schelling, Système de l'idéalisme transcendantal (System des tranzendantalen Idealismus, 1800), trad. S. Jankélévitch, in Essais, Aubier, Paris, 1946

G. W. F. Hegel, Esthétique (Vorlesungen über die Aesthetik, 1835), trad. S. Jankélévitch, Aubier, Paris, 1944

Leçons sur la philosophie de la religion (Vorlesungen über die Philosophie der Religion, 1832), trad. J. Gibelin, Vrin, 1959

A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung, 1819), trad. A. Burdeau, revue par R. Roos, P.U.F., Paris, 1966

F. Nietzsche, La Naissance de la tragédie (Die Geburt der Tragödie, 1872), trad. P. Lacoue-Labarthe, Gallimard, 1977.

La résurgence du thème

W. Benjamin, « Les Affinités électives de Goethe » (Goethes « Wahlverwandtschaften », 1925), trad. M. de Gandillac, in W. Benjamin, Mythe et violence, Denoël, Paris, 1971

M. Heidegger, L'Origine de l'œuvre d'art (Der Ursprung des Kunstwerkes, 1936), trad. W. Brokmeier, in Chemins qui ne mènent nulle part, Gallimard, 1962

T. W. Adorno, Théorie esthétique (Aesthetische Theorie, 1970), trad. M. Jimenez, Klincksieck, Paris, 1989

J.-F. Lyotard, L'Inhumain, Galilée, Paris, 1988

Du sublime (J.-F. Courtine, M. Deguy, É. Escoubas, P. Lacoue-Labarthe, J.-F. Lyotard, L. Marin, J.-L. Nancy, J. Rogozinski), Belin, Paris, 1988.

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2010, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média