3. Le peintre et le calligraphe
Lettré complet, Su Shi fut également un peintre et surtout un calligraphe. En peinture, il se spécialisa dans la représentation des bambous, où s'exerce une technique proche de celle de la calligraphie. Comme beaucoup d'artistes de son temps, il commence par faire la théorie de son art : « Pour peindre le bambou, il faut l'avoir entièrement en soi. Saisissez le bambou, regardez intensément [le papier], puis évoquez ce que vous allez peindre. Suivez votre vision, levez votre pinceau et poursuivez immédiatement ce que vous voyez. » Mais ailleurs il écrit : « Discuter de la peinture d'un point de vue de ressemblance formelle, c'est de l'enfantillage. » Car, ajoute-t-il encore, « peinture et poésie constituent originellement une seule et même discipline ; la poésie et la peinture naissent de la même loi, de l'œuvre du ciel et de la spontanéité ». Et enfin : « L'honnête homme promène son attention sur les choses, mais il ne s'y attache point. »
Théoricien de l'art dans beaucoup de courts textes de prose ou de poésie, Su Shi a aussi laissé un nom dans l'histoire de la peinture chinoise par ses peintures de bambous, bien que ce qui reste de lui actuellement ne confirme pas sa réputation, qui fut grande de son temps et dans les siècles qui suivirent.
Par contre, les calligraphies qui lui sont attribuées et semblent authentiques sont assez nombreuses pour admettre qu'il mérite d'être considéré comme un des « quatre maîtres des Song ». Son art semble très libre, permettant à sa main de suivre les ordres de son cœur, sans souci des conventions. En fait, il ne suit aucun style établi, mais de sa calligraphie se dégagent une plénitude, un charme, une vigueur qui sont aussi les caractéristiques de sa vie.
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