4. Style et subjectivité
Cette analyse montre que le style est produit par un travail et qu'il singularise à la fois la production de ce travail et l'expérience qu'il suscite chez le consommateur du produit. On peut exprimer cette idée en disant que le style se mesure à l'expressivité de l'œuvre, à ce surcroît de sens qui sollicite l'expérience vive du récepteur, et qui doit être éprouvée par le sentiment. Mais faut-il lier cet effet de sens à un surcodage ? Peut-on parler de surcode ? Qu'il y ait une multiplicité de codes, cela va sans dire ; mais il n'y a pas de surcode : ou bien ce ne sont pas encore des codes, ou bien ce sont des codes comme les autres, par exemple ceux qui spécifient la pratique d'un art : à côté du code perceptif, les codes de l'inscription spatiale, de l'image fixe sur la toile ou de l'image mobile sur l'écran ne sont pas des surcodes propres à la peinture ou au cinéma ; ce sont tous simplement les codes propres à ces arts ; ils préexistent à la création. Et les codes a posteriori ? Leur dénomination paradoxale signifie qu'ils ne sont pas reçus du dehors, antérieurement à l'entreprise créatrice ; ils consistent en des moyens nouveaux inventés par le créateur. Mais il n'y a de code qu'institué : tant que ces moyens ne sont pas énoncés, reconnus, convenus, ils ne peuvent constituer un code. De plus, il n'y a de code que structurant : or l'a posteriori ne peut pas surorganiser l'a priori, mais bien le transgresser ; la novation ne restructure qu'à condition de déstructurer d'abord. Et l'art contemporain nous propose plus d'exemples de déstructuration que de restructuration... Si l'on doit pourtant considérer l'œuvre comme un système, c'est comme un système singulier, qui peut échapper à la systématique et qu'il faut distinguer du code. Ainsi Metz, opposant l'étude du langage cinématographique à l'analyse du film, écrit : « Tout code est un système [...], mais l'inverse n'est pas vrai : certains systèmes ne sont pas des codes, mais des systèmes singuliers [...], cha […]
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