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STYLE

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4.  Style et subjectivité

Cette analyse montre que le style est produit par un travail et qu'il singularise à la fois la production de ce travail et l'expérience qu'il suscite chez le consommateur du produit. On peut exprimer cette idée en disant que le style se mesure à l'expressivité de l'œuvre, à ce surcroît de sens qui sollicite l'expérience vive du récepteur, et qui doit être éprouvée par le sentiment. Mais faut-il lier cet effet de sens à un surcodage ? Peut-on parler de surcode ? Qu'il y ait une multiplicité de codes, cela va sans dire ; mais il n'y a pas de surcode : ou bien ce ne sont pas encore des codes, ou bien ce sont des codes comme les autres, par exemple ceux qui spécifient la pratique d'un art : à côté du code perceptif, les codes de l'inscription spatiale, de l'image fixe sur la toile ou de l'image mobile sur l'écran ne sont pas des surcodes propres à la peinture ou au cinéma ; ce sont tous simplement les codes propres à ces arts ; ils préexistent à la création. Et les codes a posteriori ? Leur dénomination paradoxale signifie qu'ils ne sont pas reçus du dehors, antérieurement à l'entreprise créatrice ; ils consistent en des moyens nouveaux inventés par le créateur. Mais il n'y a de code qu'institué : tant que ces moyens ne sont pas énoncés, reconnus, convenus, ils ne peuvent constituer un code. De plus, il n'y a de code que structurant : or l'a posteriori ne peut pas surorganiser l'a priori, mais bien le transgresser ; la novation ne restructure qu'à condition de déstructurer d'abord. Et l'art contemporain nous propose plus d'exemples de déstructuration que de restructuration... Si l'on doit pourtant considérer l'œuvre comme un système, c'est comme un système singulier, qui peut échapper à la systématique et qu'il faut distinguer du code. Ainsi Metz, opposant l'étude du langage cinématographique à l'analyse du film, écrit : « Tout code est un système [...], mais l'inverse n'est pas vrai : certains systèmes ne sont pas des codes, mais des systèmes singuliers [...], cha […]

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ALAMKARA-SASTRA

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…  « enseignement des ornements », désigne, en fait, l'art poétique sanskrit en général. Outre* l'étude des figures de style, cette branche importante de la scolastique sanskrite comprend une esthétique de la poésie, une psychologie à l'usage de la littérature, une méthode de critique littéraire, et quelques sujets adventices utiles au poète… Lire la suite
CONTRE SAINTE-BEUVE, livre de Marcel Proust

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Dans le chapitre " Le grain des mots"  : …  écrivain ne s'impose pas un rythme – la barre de mesure du musicien –, au moins se donne-t-il un *style : le style c'est plus que l'homme, c'est le mouvement d'un désir qui dépasse l'homme. C'est ce mouvement d'écrire, et de lire, qui finalement organise le sens à partir des médiocres « mots de la tribu ». Sinon la littérature ne serait… Lire la suite
CRITIQUE LITTÉRAIRE

Écrit par :  Antoine COMPAGNON

Dans le chapitre "Qu'est-ce que la critique littéraire ?"  : …  la contextualisation historique n'est pas pertinente, la stylistique l'est-elle plus ? La notion de *style appartient au langage ordinaire et il faut d'abord l'affiner. Or la recherche d'une définition du style, comme celle de la littérature, est inévitablement polémique. Elle repose toujours sur une variante de l'opposition populaire de la norme et… Lire la suite
DU SUBLIME, Pseudo-Longin

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "« Un livre d'or » (Casaubon)"  : …  son objet que la seule éloquence. La véritable grandeur d'une œuvre n'est d'ailleurs pas affaire de *style : Boileau écrira justement dans la préface à sa traduction que, « par sublime, Longin n'entend pas ce que les orateurs entendent par style sublime », c'est-à-dire « de grands mots ». Il le distingue en particulier du procédé de l'amplification… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Histoire

Écrit par :  Daniel CHARLES

Dans le chapitre "De Descartes à Kant"  : …  (1635-1709) se montre soucieux du vrai singulier contre le vrai idéal d'un Le Brun (1619-1690). *C'est à une définition sensible du style qu'aboutit le père André (Essai sur le Beau, 1741) : « J'appelle style une certaine suite d'expressions et de tours tellement soutenue dans le cours d'un même ouvrage, que toutes ses parties ne… Lire la suite
EUPHUISME

Écrit par :  Georges GRANJOUX

Dans le chapitre "L'euphuisme, style maniéré"  : …  *L'euphuisme se caractérise par l'emploi quasi mécanique de certains procédés : – Procédés de structure et de rhétorique : le parallélisme des phrases et des propositions à l'intérieur des phrases ; l'utilisation de l'antithèse ; l'emploi fréquent des questions rhétoriques, souvent en séries. Ces procédés peuvent être associés dans le même… Lire la suite
FLAUBERT GUSTAVE (1821-1880)

Écrit par :  Pierre-Marc de BIASI

Dans le chapitre "Le « système » de Flaubert"  : …  choses. Je recherche par-dessus tout la beauté » (Lettre à George Sand, déc. 1875). Le *style et le roman comme œuvre d'art. La recherche documentaire n'est pas dissociable de l'écriture, pas plus que le « système » de Flaubert n'est dissociable de sa mise en œuvre synthétique qu'est le travail du style. En fait, l'ambition de… Lire la suite
GOÛT, esthétique

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

Dans le chapitre "Le goût et les styles"  : …  Il convient de distinguer entre l'histoire du goût et *l'histoire des styles : le goût intervient avant que les conceptions, les thèmes nouveaux ne connaissent la diffusion qui constitue un style. C'est précisément l'orientation commune d'une société vers telle ou telle forme de beauté, soudain révélée, qui suscite l'élaboration d'un style. Adoptée… Lire la suite
GRANGER GILLES GASTON (1920- )

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Dans le chapitre "De l'épistémologie comparative à l'« Essai d'une philosophie du style »"  : …  de manière totalement aléatoire, où, dans son traitement, s'ébauchent certaines constantes, il y a *style. » Libéré d'une connivence, immédiate et aveuglante avec l'œvre d'art, le style se révèle être modalité d'intégration de l'individuel par un processus concret qui est travail. L'analyse rejoint ici les considérations pragmatiques antérieures,… Lire la suite
LAUTRÉAMONT ISIDORE DUCASSE dit COMTE DE (1846-1870)

Écrit par :  Jean-Luc STEINMETZ

Dans le chapitre "« Les Chants de Maldoror »"  : …  , ces phrases vampiriques captant la substance du poème. Le « petit roman » final donne une *leçon d'écriture, tout en stigmatisant le style rocambolesque et, plus généralement, le feuilleton qui sévissait alors dans les journaux à grands tirages. Cette dernière fiction synthétique développe une intrigue maintes fois esquissée dans les pages… Lire la suite
MIMÉSIS, livre de Erich Auerbach

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La cicatrice d'Ulysse"  : …  dans sa double origine : Homère et la Bible – selon deux « types fondamentaux », deux approches *stylistiques très différentes, qu'il détaille à partir de deux exemples. Le récit du retour d'Ulysse à Ithaque, dans l'Odyssée, ne laisse rien dans l'ombre, tant l'enchaînement des actions est sans mystère, sans arrière-plan ; dans la Lire la suite
MORALISTES

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Entre littérature et philosophie"  : …  méthodique qu'un Descartes, un Malebranche, accordent alors à l'étude des passions. Du point de vue* stylistique, les moralistes prennent la suite de longs débats dans la république des Lettres : sur les citations dans les plaidoyers ; sur le « style coupé » – sénéquien, préféré au style ample de Cicéron (telle fut au xvie … Lire la suite
NATUREL, esthétique

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *L'un des principes de base de l'esthétique classique. Le naturel « exprime la conformité de l'œuvre d'art à un modèle idéal qu'on appelle conventionnellement la nature » (R. Bray). Cette définition permet de comprendre les ambiguïtés de la notion. Quelle nature ? La nature humaine sans doute, et non la nature extérieure. Mais, écrit Pascal « on ne… Lire la suite
PROUST MARCEL (1871-1922)

Écrit par :  Jean-Yves TADIÉ

Dans le chapitre "Une phrase sans fin"  : …  provoque – commence à la phrase, à ce contact direct avec la chair de la littérature qui est le *style. Notons-le d'abord : l'originalité du style proustien ne vient pas de la richesse et de l'étendue lexicales. Proust n'invente de mots que pour transcrire ironiquement le langage parlé, et ne recherche pas les vocables rares. Parmi les termes… Lire la suite
QUESTIONS DE STYLE. FONDEMENTS D'UNE HISTOIRE DE L'ORNEMENTATION, livre de Aloïs Riegl

Écrit par :  François-René MARTIN

Dans le chapitre "Ornement et style"  : …  en faisaient un objet idéal pour mettre à nu des lois autonomes de transformation des formes. *C'est essentiellement contre l'« évolutionnisme matérialiste » de l'architecte et historien d'art Gottfried Semper ou du sculpteur Adolf Hildebrand, selon qui trois facteurs, le matériau, la technique et la fonction de l'œuvre, déterminaient le style… Lire la suite
RHÉTORIQUE

Écrit par :  Françoise DOUAY-SOUBLIN

Dans le chapitre "Invariants et variations"  : …  radieuse de Cicéron et l'énigmatique densité de Sénèque ; et dans la France des Lumières, si le *style noble s'oppose encore au style bas, l'énergie le dispute au goût – Diderot à Voltaire – sans que la rhétorique se départisse de ses consignes primordiales : variété et convenance. Les romantiques vont briser la roue de Virgile mais, au même… Lire la suite
SIGNE ET SENS

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Sens et interprétation"  : …  longues de discours, à des textes, à des œuvres dotées d'une unité propre, marquées par un *style original, rattachées à des genres divers tels que récit, poésie, essai ? On avait évoqué plus haut une extension semblable du modèle sémiotique à des ensembles complexes ; l'extension du modèle sémantique pose le problème d'un traitement double… Lire la suite
STYLISTIQUE

Écrit par :  Georges MOLINIÉ

Dans le chapitre "Stylistique et critique littéraire"  : …  Seconde Guerre mondiale, une stylistique fondée sur la recherche de la caractéristique inhérente au *style d'un écrivain. Cette caractéristique est mise à jour au prix d'un va-et-vient incessant entre une impression générale a priori, d'ordre esthético-formel, l'intuition d'un déclic langagier générateur de cette impression, et la vérification… Lire la suite
SUBLIME, philosophie

Écrit par :  Philippe LACOUE-LABARTHE

Dans le chapitre "La tradition du sublime"  : …  sa manière : « Il faut savoir que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le *style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux, qui frappe dans le discours et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. » D'où, au reste, la difficulté qu'il y a à définir le sublime et la sorte d'extase – c'est le mot de Longin –… Lire la suite
VIE DES FORMES, livre de Henri Focillon

Écrit par :  Annamaria DUCCI

Dans le chapitre "Une nouvelle interprétation des styles et des artistes"  : …  d'une manière continue à travers une « stylistique » dont il nous faut rechercher les lois. *C'est à travers les styles que nous pouvons saisir cette discontinuité temporelle, puisqu'ils sont des « milieux formels homogènes » où s'ordonnent les métamorphoses. Focillon envisage ainsi quatre âges stylistiques : l'état expérimental, l'état… Lire la suite
WÖLFFLIN HEINRICH (1864-1945)

Écrit par :  Jean WIRTH

Dans le chapitre "Les avatars d'une théorie"  : …  de la vision qui ne lui doit pas pour autant sa cohérence. Dans Renaissance et Baroque, *le style est considéré, en lui-même, comme chargé de valeurs expressives, qui s'opposent par leur caractère fondamental à l'expression particulière de l'artiste ; ainsi, le baroque produit un sentiment de massivité et d'écrasement. Dans Die KunstLire la suite

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