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STYLE

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Sous l'égide de la linguistique, le style devient aujourd'hui l'objet d'une science : la stylistique veut être la science des registres de la langue, et elle s'efforce de définir le style comme concept opératoire. Mais le mot style a, dans l'usage courant de la langue, un champ sémantique beaucoup plus vaste et des fonctions beaucoup plus nombreuses. On parle du style d'un meuble ou du style d'un athlète ; on dit aussi qu'un artiste atteint au style comme à une qualité suprême. Peut-on trouver au mot un noyau irréductible de sens ? Nous n'allons pas en recenser toutes les classes d'occurrence ; il est possible d'en discerner au moins deux significations et deux emplois. Tantôt ce mot désigne un système : le système des moyens et des règles (on dit aujourd'hui des codes), prescrits ou inventés, mis en jeu dans la production d'une œuvre. Tantôt il définit une propriété, et singulièrement une qualité : avoir du style est une vertu. Pour qui ? Pour l'œuvre ou pour l'auteur ? Selon qu'on impute le style à la première ou au second, on le définit par la cohérence ou par la maîtrise. Mais le clivage des emplois du mot s'opère ailleurs : si l'on met l'accent sur l'antériorité et l'autorité du système par rapport à la production, on définit le style comme collectif et on l'emploie pour un travail de classement, comme instrument de généralisation ; si au contraire on met l'accent sur la transgression du système, sur la novation et la singularité, on définit le style comme personnel, et on lui assigne une fonction individuante ; du même coup on le pense comme qualité autant que comme système, et on peut même l'opposer au système comme le suggère cette formule de Focillon : « Le style est un absolu. Un style est une variable » (Vie des formes). Ce sont ces deux emplois qui vont orienter notre examen.

1.  Le style comme instrument de généralisation

Bien avant que se constitue une stylistique, le style se propose comme un concept opératoire pour un savoir dont la principale ambition est de recenser et de classer. C'est ai […]

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ALAMKARA-SASTRA

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…  « enseignement des ornements », désigne, en fait, l'art poétique sanskrit en général. Outre* l'étude des figures de style, cette branche importante de la scolastique sanskrite comprend une esthétique de la poésie, une psychologie à l'usage de la littérature, une méthode de critique littéraire, et quelques sujets adventices utiles au poète… Lire la suite
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CRÉATION LITTÉRAIRE

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Dans le chapitre " Le grain des mots"  : …  écrivain ne s'impose pas un rythme – la barre de mesure du musicien –, au moins se donne-t-il un *style : le style c'est plus que l'homme, c'est le mouvement d'un désir qui dépasse l'homme. C'est ce mouvement d'écrire, et de lire, qui finalement organise le sens à partir des médiocres « mots de la tribu ». Sinon la littérature ne serait… Lire la suite
CRITIQUE LITTÉRAIRE

Écrit par :  Antoine COMPAGNON

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DU SUBLIME, Pseudo-Longin

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Dans le chapitre "« Un livre d'or » (Casaubon)"  : …  son objet que la seule éloquence. La véritable grandeur d'une œuvre n'est d'ailleurs pas affaire de *style : Boileau écrira justement dans la préface à sa traduction que, « par sublime, Longin n'entend pas ce que les orateurs entendent par style sublime », c'est-à-dire « de grands mots ». Il le distingue en particulier du procédé de l'amplification… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Histoire

Écrit par :  Daniel CHARLES

Dans le chapitre "De Descartes à Kant"  : …  (1635-1709) se montre soucieux du vrai singulier contre le vrai idéal d'un Le Brun (1619-1690). *C'est à une définition sensible du style qu'aboutit le père André (Essai sur le Beau, 1741) : « J'appelle style une certaine suite d'expressions et de tours tellement soutenue dans le cours d'un même ouvrage, que toutes ses parties ne… Lire la suite
EUPHUISME

Écrit par :  Georges GRANJOUX

Dans le chapitre "L'euphuisme, style maniéré"  : …  *L'euphuisme se caractérise par l'emploi quasi mécanique de certains procédés : – Procédés de structure et de rhétorique : le parallélisme des phrases et des propositions à l'intérieur des phrases ; l'utilisation de l'antithèse ; l'emploi fréquent des questions rhétoriques, souvent en séries. Ces procédés peuvent être associés dans le même… Lire la suite
FLAUBERT GUSTAVE (1821-1880)

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GOÛT, esthétique

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GRANGER GILLES GASTON (1920- )

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LAUTRÉAMONT ISIDORE DUCASSE dit COMTE DE (1846-1870)

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MIMÉSIS, livre de Erich Auerbach

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La cicatrice d'Ulysse"  : …  dans sa double origine : Homère et la Bible – selon deux « types fondamentaux », deux approches *stylistiques très différentes, qu'il détaille à partir de deux exemples. Le récit du retour d'Ulysse à Ithaque, dans l'Odyssée, ne laisse rien dans l'ombre, tant l'enchaînement des actions est sans mystère, sans arrière-plan ; dans la Lire la suite
MORALISTES

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Entre littérature et philosophie"  : …  méthodique qu'un Descartes, un Malebranche, accordent alors à l'étude des passions. Du point de vue* stylistique, les moralistes prennent la suite de longs débats dans la république des Lettres : sur les citations dans les plaidoyers ; sur le « style coupé » – sénéquien, préféré au style ample de Cicéron (telle fut au xvie … Lire la suite
NATUREL, esthétique

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *L'un des principes de base de l'esthétique classique. Le naturel « exprime la conformité de l'œuvre d'art à un modèle idéal qu'on appelle conventionnellement la nature » (R. Bray). Cette définition permet de comprendre les ambiguïtés de la notion. Quelle nature ? La nature humaine sans doute, et non la nature extérieure. Mais, écrit Pascal « on ne… Lire la suite
PROUST MARCEL (1871-1922)

Écrit par :  Jean-Yves TADIÉ

Dans le chapitre "Une phrase sans fin"  : …  provoque – commence à la phrase, à ce contact direct avec la chair de la littérature qui est le *style. Notons-le d'abord : l'originalité du style proustien ne vient pas de la richesse et de l'étendue lexicales. Proust n'invente de mots que pour transcrire ironiquement le langage parlé, et ne recherche pas les vocables rares. Parmi les termes… Lire la suite
QUESTIONS DE STYLE. FONDEMENTS D'UNE HISTOIRE DE L'ORNEMENTATION, livre de Aloïs Riegl

Écrit par :  François-René MARTIN

Dans le chapitre "Ornement et style"  : …  en faisaient un objet idéal pour mettre à nu des lois autonomes de transformation des formes. *C'est essentiellement contre l'« évolutionnisme matérialiste » de l'architecte et historien d'art Gottfried Semper ou du sculpteur Adolf Hildebrand, selon qui trois facteurs, le matériau, la technique et la fonction de l'œuvre, déterminaient le style… Lire la suite
RHÉTORIQUE

Écrit par :  Françoise DOUAY-SOUBLIN

Dans le chapitre "Invariants et variations"  : …  radieuse de Cicéron et l'énigmatique densité de Sénèque ; et dans la France des Lumières, si le *style noble s'oppose encore au style bas, l'énergie le dispute au goût – Diderot à Voltaire – sans que la rhétorique se départisse de ses consignes primordiales : variété et convenance. Les romantiques vont briser la roue de Virgile mais, au même… Lire la suite
SIGNE ET SENS

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Sens et interprétation"  : …  longues de discours, à des textes, à des œuvres dotées d'une unité propre, marquées par un *style original, rattachées à des genres divers tels que récit, poésie, essai ? On avait évoqué plus haut une extension semblable du modèle sémiotique à des ensembles complexes ; l'extension du modèle sémantique pose le problème d'un traitement double… Lire la suite
STYLISTIQUE

Écrit par :  Georges MOLINIÉ

Dans le chapitre "Stylistique et critique littéraire"  : …  Seconde Guerre mondiale, une stylistique fondée sur la recherche de la caractéristique inhérente au *style d'un écrivain. Cette caractéristique est mise à jour au prix d'un va-et-vient incessant entre une impression générale a priori, d'ordre esthético-formel, l'intuition d'un déclic langagier générateur de cette impression, et la vérification… Lire la suite
SUBLIME, philosophie

Écrit par :  Philippe LACOUE-LABARTHE

Dans le chapitre "La tradition du sublime"  : …  sa manière : « Il faut savoir que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le *style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux, qui frappe dans le discours et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. » D'où, au reste, la difficulté qu'il y a à définir le sublime et la sorte d'extase – c'est le mot de Longin –… Lire la suite
VIE DES FORMES, livre de Henri Focillon

Écrit par :  Annamaria DUCCI

Dans le chapitre "Une nouvelle interprétation des styles et des artistes"  : …  d'une manière continue à travers une « stylistique » dont il nous faut rechercher les lois. *C'est à travers les styles que nous pouvons saisir cette discontinuité temporelle, puisqu'ils sont des « milieux formels homogènes » où s'ordonnent les métamorphoses. Focillon envisage ainsi quatre âges stylistiques : l'état expérimental, l'état… Lire la suite
WÖLFFLIN HEINRICH (1864-1945)

Écrit par :  Jean WIRTH

Dans le chapitre "Les avatars d'une théorie"  : …  de la vision qui ne lui doit pas pour autant sa cohérence. Dans Renaissance et Baroque, *le style est considéré, en lui-même, comme chargé de valeurs expressives, qui s'opposent par leur caractère fondamental à l'expression particulière de l'artiste ; ainsi, le baroque produit un sentiment de massivité et d'écrasement. Dans Die KunstLire la suite

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