L'expression gongen-zukuri ou style gongen désigne au Japon un certain type de sanctuaire shintoïque, réservé au culte des héros divinisés. Le terme gongen est emprunté au vocabulaire du Ryōbu-shintō qui fait des divinités shintoïques des avatars du Bouddha. Placés sur le même axe, le honden (sanctuaire) et le haiden (salle de prières) sont reliés par une galerie (ichino-ma) où les prêtres officient et dont le plafond est plus bas que celui des pavillons principaux. L'origine de ce plan remonterait à l'époque Heian et aurait été adopté lors de la fondation, dans la capitale, du Kitano-jinja, élevé en l'honneur de Sugawara no Michizane, déifié sous le nom de Tenjin (personnage céleste). Le professeur A. Soper estime qu'il s'agit plutôt de l'emprunt d'un parti, d'origine chinoise, utilisé dans les chapelles commémoratives des fondateurs des monastères zen.
Le modèle le plus caractéristique de ce style est le Osaki-Hachiman-jinja, édifié en 1607 à Sendai, par le daimyō Date Masamune. Le style très décoré, orné de reliefs revêtus de rehauts polychromes, est celui de l'architecture Momoyama, mais l'influence des édifices chinois de l'époque M […]
