Alcaloïde de formule brute C21H22O2N2, extrait de la graine du vomiquier (Strychnos nux vomica) ou noix vomique, de la famille des loganiacées. Très toxique, la strychnine est inscrite au tableau A de la pharmacopée. On trouve le vomiquier à l'état sauvage aux Indes, au Sri Lanka et en Indochine.
Pour extraire la strychnine, on râpe la noix vomique dans de l'alcool bouillant, on distille la liqueur alcoolique obtenue et on purifie par différents traitements. À l'état cristallisé, elle a la forme de petits prismes rhomboïdaux incolores, inodores et de forte saveur amère. Peu soluble dans l'éther de pétrole et dans l'eau, elle est insoluble dans l'éther éthylique. En solution, elle est lévogyre.
Du point de vue chimique, la strychnine a une structure très complexe : elle ne comporte pas moins de sept cycles parmi lesquels on trouve un noyau indolique ; ce n'est d'ailleurs qu'après la réalisation de sa synthèse totale, en 1954, que cette structure fut connue avec certitude.
Du point de vue pharmacologique, c'est un stimulant de la moelle épinière, donc du système nerveux central. Elle accroît les perceptions sensorielles comme le goût, l'odorat et la vue ; à doses moyennes, elle agit sur les centres respiratoires situés dans le bulbe rachidien et augmente l'amplitude respiratoire.
La strychnine est prescrite dans le traitement de certains troubles sphinctériens, des dépressions respiratoires et de la polynévrite alcoolique.
L'intoxication à la strychnine se manifeste par des convulsions entraînant parfois la mort par asphyxie ; les meilleurs antidotes sont les barbituriques.
Philippe COURRIÈRE
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