6. Algébroïdes de Lie
Un algébroïde de Lie consiste en la donnée de trois objets : un fibré vectoriel A sur une variété M (cf. chap. 13, Appendice), une structure d'algèbre de Lie réelle [ , ] sur l'ensemble des sections Γ(A) de ce fibré et un morphisme de fibrés vectoriels ♯ de A dans T(M) ; on impose de plus que l'application induite ♯ : Γ(A) → Χ(M) vérifie les relations(29) [s, fs'] = ♯(s)(f)s' + f[s, s']pour toutes sections s et s' de A et toute fonction f définie sur M. Cette relation implique que ♯ détermine un morphisme d'algèbres de Lie de Γ(A) dans Χ(M). Bien que cette définition puisse paraître compliquée, on rencontre de tels algébroïdes dans de multiples domaines : feuilletages, fibrés principaux, actions d'algèbres de Lie, quantification géométrique... Un exemple important est l'algébroïde associé à toute variété de Poisson M : il s'agit, par définition, de T∗M muni de l'application ♯ vue au début du chapitre 4 (Le théorème de décomposition locale d'Alan Weinstein) et du crochet de 1-formes sur M (ce sont bien les sections de T∗M) défini par(30) {α, β} = L♯αβ + L♯βα – dΠ(α, β),où le symbole LX désigne la dérivée de Lie par rapport au champ de vecteurs X (LXθ = iXdθ + diXθ pour toute forme différentielle θ). On peut donc considérer qu'une structure de Poisson est un cas particulier de structure d'algébroïde.
On a une espèce de réciproque à cette affirmation. De même que se donner une structure d'algèbre de Lie sur un espace vectoriel revient à se donner une structure de Poisson linéaire sur son dual (cf. ex. 4 du chap. 2, Géométrie de Poisson), se donner une structure d'algébroïde sur un fibré vectoriel A revient à se donner une structure de Poisson sur le fibré du […]
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