Faisant référence à la mécanique analytique et à ses anciens maîtres Joseph Louis Lagrange (1736-1813) et Pierre Simon de Laplace (1749-1827), Siméon Denis Poisson (1781-1840) écrit, dans l'introduction de son mémoire au Journal de l'École polytechnique de 1809 : « Il ne semblait pas que cette importante théorie pût encore être perfectionnée, lorsque les deux géomètres qui ont le plus contribué à la rendre complète en ont fait de nouveau le sujet de leurs méditations... » Il annonce ainsi qu'il va présenter l'amélioration suivante de la théorie : il considère les expressions(1)


En modernisant très légèrement le langage de S. D. Poisson, on voit que son crochet est bien défini sur les « espaces de phase » T∗Q, les espaces cotangents des « espaces de configuration » Q. L'introduction de la notion de variété symplectique dans les années 1950-1960 donne un cadre bien plus général où un crochet analogue peut se définir. Ce crochet donne à l'espace des fonctions définies sur ces variétés une structure d'algèbre de Lie ; il vérifie aussi l'identité de Leibniz que nous présenterons dans le chapitre 2 (Géométrie de Poisson). En 1977, André Lichnerowicz (1915-1998) a proposé la définition la plus générale pour les crochets de Poisson sur une variété quelconque : ce sont les opérations binaires sur l'espace des fonctions qui vérifient ces deux propriétés. Sous cette forme on voit que les crochets de Poisson mettent dans un même cadre des objets mathématiques aussi divers que les variétés symplectiques […]
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