Le stress est un terme emprunté à la physique. Ce terme désigne la contrainte exercée sur un matériau. Normalement, un matériau est capable de résister à toute une série de contraintes modérées. Mais, si la contrainte est excessive ou si le matériau est fatigué, il y a risque de déformation, voire de rupture. C'est dans ce cas que l'on parle de stress. En biologie, l'usage du terme de stress date du début du xxe siècle et se situe dans la continuité des travaux de physiologie sur la constance du milieu intérieur avec leurs prolongements en physiologie de l'accommodation biologique et de l'adaptation.
1. L'origine de la notion de stress
La constance du milieu intérieur, cette propriété remarquable de certains animaux, ceux que l'on dit à sang chaud, est la condition d'une « vie libre et indépendante », pour reprendre la célèbre expression de Claude Bernard. C'est toute la différence qu'il y a entre un homéotherme, le chien par exemple, qui continue à vaquer à ses occupations qu'il gèle ou qu'il fasse chaud, et un poïkilotherme, le lézard par exemple, qui doit attendre qu'il fasse suffisamment chaud pour pouvoir commencer à bouger. La constance du milieu intérieur n'est possible que parce que l'organisme dispose de mécanismes capables de gérer l'excès tout comme l'insuffisance : dans le cas de la régulation de la température, la sensation de chaud entraîne une inhibition de la production de chaleur (la thermogenèse) et une activation des mécanismes permettant de dissiper la chaleur (la thermolyse) ; à l'inverse, la sensation de froid entraîne une inhibition de la thermolyse et une activation de la thermogenèse. De tels mécanismes contribuent à l'homéostasie, c'est-à-dire au maintien actif de la constance du milieu intérieur. Mais, tout comme un matériau ne peut résister qu'à des contraintes modérées, l'homéostasie ne peut être maintenue que si les écarts à la normale restent relativement faibles. Au-delà, des processus correctifs permettant de faire face sont nécessaires : c'est le stress. Le terme est […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



