4. Calendrier de l'histoire de la Terre
• Trois stratigraphies
Établir le calendrier de l'histoire de la planète Terre, c'est proposer un découpage conventionnel de cette histoire continue. En fonction de l'âge des roches étudiées, la nature de l'information stratigraphique diffère. Ainsi, des deux approches univoques, la géochronologie stratigraphique est cardinale et constitue pratiquement la seule approche disponible pour établir la chronologie des dépôts antérieurs aux fossiles à squelette (avant 540 Ma), tandis que la biostratigraphie est cardinale pour la chronologie des temps phanérozoïques. Ces temps fossilifères sont représentés, du plus ancien au plus récent, par le Primaire ou Paléozoïque, le Secondaire ou Mésozoïque, le Tertiaire ou Cénozoïque et le Quaternaire, cette dernière unité faisant l'objet de vives discussions concernant sa position, voire même sa nécessité (cf. encadré Débats autour du Quaternaire). Les autres approches sont plus rarement utilisables ou plus coûteuses à mettre en œuvre. Par ailleurs, pour les derniers cinq millions d'années (comprenant le Pliocène, ainsi que le Pléistocène et l'Holocène – ces deux dernières unités constituant classiquement le Quaternaire), il est communément possible d'appliquer toute une variété d'approches, chacune livrant une information largement suffisante pour une chronologie précise, ce qui permet, au moins pour le Quaternaire, de s'affranchir des unités conventionnelles relatives, lesquelles ne se justifient plus que pour des désignations régionales (Gélasien, Pliocène, Villafranchien...).
Il découle de ces constatations que trois stratigraphies se succèdent au cours du temps. Pour les temps précambriens (Hadéen, Archéen et Protérozoïque), c'est-à-dire antérieurs à quelque 540 Ma, l'affaire est simple : les unités conventionnelles admises aujourd'hui sont limitées par des âges numériques choisis de telle sorte qu'ils correspondent à des intervalles pendant lesquels des phénomènes géologiques particuliers ont été repérés. Pour les temps récents (de — 5 Ma à aujourd'hui), les conventions sont largement superflues puisque chaque approche est susceptible de livrer des successions d'événements géologiques et, donc, des échelles correspondantes qui sont des faits d'observation. Entre les deux (de — 540 Ma à — 5 Ma), un calendrier conventionnel, en révision depuis les années 1980, est en cours d'achèvement. Celui-ci est fondé sur quelques principes évoqués ci-après.
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