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STRATÉGIE ET TACTIQUE

Les termes « tactique » et « stratégie » posent un délicat problème : initialement venus, depuis les Grecs, du vocabulaire de la guerre, ils ont pénétré celui des mathématiques et de l'économie, pour s'appliquer aujourd'hui aux actions les plus diverses, dès lors qu'elles requièrent de l'organisation et du calcul. Ils se lisent sous la plume des mathématiciens ou des économistes, comme des militaires, sans qu'on puisse toujours saisir ce qu'ils doivent à leurs origines différentes. Leur analyse sémantique s'impose. Il convient ensuite d'examiner les rapports originaux qui, dans les sociétés modernes, s'établissent entre une virtuosité tactique, diversifiée et accélérée par le progrès des sciences et des techniques, et une pensée stratégique, souvent dépourvue d'une originalité et d'une richesse égales. Il est bien possible que notre temps se caractérise par un tel déséquilibre entre l'ingéniosité de la pensée tactique et les difficultés éprouvées par la raison lorsqu'elle tente de s'élever à la conception de desseins stratégiques liés à des enjeux, dans certains cas devenus planétaires.

1.  Le vocabulaire militaire

La différence entre les deux aspects – stratégie et tactique – de la conduite de la guerre est mise en relief par la résolution des gouvernements alliés prise lors de la conférence de Beauvais, le 3 avril 1918 : « Le général Foch est chargé par les gouvernements britannique, français et américain de coordonner l'action des armées alliées sur le front occidental ; il lui est conféré à cet effet tous les pouvoirs nécessaires en vue d'une réalisation effective. Dans ce but, les gouvernements britannique, français et américain confient au général Foch la direction stratégique des opérations militaires.

« Les commandants en chef des armées britannique, française et américaine exercent dans sa plénitude la conduite tactique de leur armée. »

Ce texte, préparé par le général Mordacq et par Georges Clemenceau, indique clairement ce qui distingue et ce qui lie stratégi [...]

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Pour citer cet article

SAINT-SERNIN, « STRATÉGIE ET TACTIQUE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/strategie-et-tactique/

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Certains critiques ou historiens, dont Sainte-Beuve qui lui consacra une étude approfondie en 1869, ont considéré Antoine Henri Jomini comme l'un des plus grands stratèges d'une époque qui fut pourtant celle de Napoléon et de Clausewitz. Le Vaudois Jomini, employé de banque à Bade devenu officier dans les troupes helvétiques, se fait remarquer en… Lire la suite
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Écrivain et critique militaire anglais, sir Basil Liddell Hart est l'auteur des biographies de Scipion l'Africain, de Sherman et de Foch. Dès 1917, il préconise déjà la guerre éclair, c'est-à-dire une percée rapide et profonde des chars, suivie d'une action élargie sur les arrières ennemis. Liddell Hart reprend cette idée en… Lire la suite
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Le sénateur André Maginot était ministre de la Guerre depuis trois semaines quand il défendit, devant le Parlement, le projet de défense des frontières proposé par ses prédécesseurs ; il le fit adopter le 14 janvier 1930. C'est pourquoi il a laissé son nom à ce système de fortification… Lire la suite
NON-VIOLENCE

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NUCLÉAIRE - Applications militaires

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O.T.A.N. (Organisation du traité de l'Atlantique nord)

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RÉVOLUTION FRANÇAISE GUERRES DE LA

Écrit par :  Jean DÉRENS

À la fin de 1791, la France marche à la guerre, chaque parti croyant y trouver son intérêt. La Cour espère que la guerre ruinera la Révolution et rétablira le pouvoir monarchique : la guerre est le seul moyen de provoquer l'intervention des princes étrangers, et la France en pleine convulsion… Lire la suite
ROME ET EMPIRE ROMAIN - Le Haut-Empire

Écrit par :  Yann LE BOHECPaul PETIT

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ROMMEL ERWIN (1891-1944)

Écrit par :  André BRISSAUD

Wurtembergeois, Erwin Rommel est fils d'un professeur de Heidenheim ; il entre comme cadet au 6e bataillon du 124e régiment d'infanterie, à Weingarten, et reçoit en 1912 le brevet de lieutenant. Il se couvre de gloire pendant la Première Guerre mondiale et il est décoré de l'… Lire la suite
SCHELLING THOMAS CROMBIE (1921-2016)

Écrit par :  Françoise PICHON-MAMÈRE

perd ce que l'autre gagne), mais un mélange de compétition et de coopération tacite. Une stratégie de riposte graduée, avec une gamme variée d'armements, sera toujours plus efficace qu'une stratégie de destruction massive. Évoluant en permanence entre des thématiques aussi variées que la défense nationale, la stratégie militaire, le contrôle des… Lire la suite
TERRORISME

Écrit par :  Gérard CHALIANDPierre DABEZIESSylvia PREUSS-LAUSSINOTTEJean SERVIER

une notion voisine puisque, dépassant souvent le stade de l'initiative ponctuelle pour devenir une véritable stratégie, il postule l'emploi systématique de la violence, pour impressionner soit des individus afin d'en tirer profit, soit, plus généralement, des populations, soumises alors, dans un but politique, à un climat d'insécurité. Dans l'… Lire la suite
THEORY OF GAMES AND ECONOMIC BEHAVIOR, livre de John von Neumann et Oskar Morgenstern

Écrit par :  Philippe MAMAS

Dans le chapitre "Une théorie mathématique des interactions stratégiques"  : …  des « jeux », terme qui désigne toute situation d’interaction dans laquelle plusieurs individus ou groupes d’individus disposent d’un ensemble de choix, appelés « stratégies », qui leur permettent d’obtenir des « gains », en argent ou en « utilité ». De nombreuses interactions sociales, et pas seulement les « jeux de société » (poker, échecs),… Lire la suite
WARGAMES

Écrit par :  Thierry DEPAULIS

En 1772, Jacques Antoine Hippolyte comte de Guibert, officier général, rappelait dans son Essai général de tactique quelques souvenirs d'adolescence où son père, lui-même alors (c'est-à-dire vers 1760) lieutenant-général et gouverneur des Invalides, faisait faire « en carton découpé des espèces de plans figurés et mobiles avec… Lire la suite
WINGATE ORDE CHARLES (1903-1944)

Écrit par :  Jean DELMAS

Le moins conventionnel des généraux britanniques de la Seconde Guerre mondiale : « Je ne pourrai jamais faire carrière dans l'armée dans des circonstances normales », avouait-il. Son supérieur, le général Wavell, commandant des troupes britanniques au Moyen-Orient, le comprend, qui lui confie toujours des missions… Lire la suite

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