L'objet de la stéréochimie est la forme ou, plus précisément, la structure des molécules, c'est-à-dire le mode de composition et la distribution topologique de leurs éléments atomiques constituants.
Les énoncés de la stéréochimie sont actuellement vérifiables par mainte procédure physique, et « objectivables » par le calcul des coordonnées atomiques tridimensionnelles dans les mailles cristallines que procurent les mesures radiocristallographiques. Les théories stéréochimiques se sont constituées, tout d'abord, à l'aide de simulateurs graphiques dont le fonctionnement nourri d'hypothèses « géométriques » a connu une singulière fortune. Spéculer sur la forme de particules « ultimes » de la matière fut un thème constant de la philosophie naturelle ; il répondait au besoin invétéré de se figurer l'apparence de toute chose, fût-elle invisible, dotée d'un nom. La stéréochimie proprement scientifique suppose que la molécule soit définie comme système ordonné et hiérarchisé de sous-systèmes atomiques, l'ordre en question étant mis en rapport univoque avec une ordination des propriétés physico-chimiques caractéristiques de chaque espèce moléculaire distincte. Le concept d'isomérie de Berzelius procura une première expression de telles conditions, puisqu'il s'attachait à des molécules différentes par leurs propriétés quoiqu'elles contiennent les mêmes éléments dans les mêmes proportions. La disparité entre espèces isomères ne pouvait résulter que de différences dans l'ordre des séquences atomiques.
La nécessité des représentations stéréochimiques procède, elle, de l'isolement (par analyse ou par synthèse) d'espèces distinctes dont les formules de composition sont identiques au regard de l'isomérie plane. C'est alors qu'il faut mettre en question l'arrangement des atomes dans les trois dimensions de l'espace. L'opportunité d'une telle problématique fut notifiée, dès 1808, par William Hyde Wollaston qui pensait que : « Les seules relations arithmétiques sont insuffisantes pour e […]
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