Né à Portland (Maine), l'Américain Stephen King est à la fois le héros fondateur et le principal représentant de ce genre populaire et trop décrié qu'on appelle la Terreur moderne ou la Mainstream Horror, et qui réalise une synthèse paradoxale entre le fantastique et le roman naturaliste : « Vampires, loups-garous, je n'y crois pas, mais je crois aux meurtriers. Je crois à l'étranger qui vient dans votre maison au milieu de la nuit, frappe à votre porte, entre et vous tue. Un vampire est un voleur de vie, un meurtrier est un voleur de vie. L'un est la métaphore de l'autre. [...] Mon opinion est que les monstres nous attrapent toujours à la fin. Le monstre peut être le cancer. Le monstre peut être une attaque. Le monstre peut être une crise cardiaque. Mais, à la fin, les monstres m'auront et ils vous auront » (Dossiers de Phénix, no 2).
C'est en vrai naturaliste que King défend le droit à la métaphore, même incongrue. Pour lui, il existe une véritable gradation du fantastique : « la terreur au sommet, l'horreur en dessous, et la révulsion tout à fait en bas ».
Stephen King tient à dire toute la vérité, y compris la part maudite qui défie le vraisemblable – « Il y a une part de nous qui est horrible, il y a des jours où les gens ne se sentent pas humains, où ils sont de mauvaise humeur, où ils sont fatigués » (Dossiers de Phénix, no 2) – sans pour autant cesser d'être eux-mêmes, ou d'être le mal qui cabriole au fond d'eux-mêmes. Apparemment King ne croit pas en Dieu, mais il croit au diable, au père Noël – en tant que métaphores – et aussi aux chiens enragés (Cujo, 1981), aux voitures qui rendent fous ceux qui les conduisent (Christine, 1983) et aux autres accessoires de la terreur moderne. Et surtout il n'a pas oublié l'enfant qu'il fut et qui y croyait.
Il fut dans les années 1950 un adolescent gorgé de films d'épouvante à bon marché, où il se reconnaissait : « Quand vous voyiez [un jeune acteur] en tenue de collégien se transformer en loup-garou, vous ne pouviez pas vous empêcher de […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



