4. Les nouvelles
S'il change de genre, il change de thèmes : Stendhal est un auteur de nouvelles, et l'on a tout intérêt à considérer comme un ensemble parallèle aux romans et différent d'eux ses textes courts qui comportent, avant ses romans, les récits, qui vont de l'anecdote à la nouvelle ou à la « chronique », puis les nouvelles qu'il publie avec Mérimée dans la Revue de Paris en 1829-1830 (Vanina Vanini, Le Coffre et le Revenant, Le Philtre), celles qu'il écrit alors et ne publie pas (Mina de Vanghel, puis San Francesco a ripa), à quoi il faut joindre les récits tirés des manuscrits italiens (Vittoria Accoramboni, Les Cenci, 1837 ; La Duchesse de Palliano, 1838). Stendhal les croit d'une authenticité totale mais, avant eux, il a présenté certains de ses récits courts comme des chroniques et considéré que les grands recueils italiens de nouvelles étaient aussi vrais. « Le Touriste », dans ses Mémoires, insère encore des nouvelles, certaines tirées des chroniques judiciaires. Le titre de Chroniques italiennes n'est pas dû à Stendhal, mais à son cousin, Romain Colomb. L'Abbesse de Castro, originale pour l'essentiel, n'est pas une nouvelle et moins encore une chronique, c'est un romanzetto, comme bien des récits inachevés de la fin de la vie de Stendhal.
« Histoires de justice » ou « causes célèbres », les nouvelles de Stendhal sont d'une manière ou d'une autre des « histoires tragiques », le plus souvent violentes, où l'héroïne, opposée à l'héroïne romanesque, joue un rôle néfaste, perfide, honteux même, ou sanglant.
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