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CAVELL STANLEY (1926- )

Né en 1926 à Atlanta (Georgie), Stanley Cavell, après avoir étudié et enseigné à Harvard et à Berkeley, est devenu professeur à Harvard University, où s'est déroulée toute sa carrière. Il représente, par sa revendication d'une voix philosophique de l'Amérique, un courant tout à fait original de la pensée américaine contemporaine. On a tendance, depuis que le positivisme logique viennois s'est installé aux États-Unis, à la suite de l'immigration de ses figures centrales dans les années 1930-1940, à identifier philosophie américaine et philosophie analytique. Cavell, lui, veut faire reconnaître d'autres héritages, afin d'opérer ce qu'il définit comme un retour à l'ordinaire.

La philosophie de Cavell n'est cependant pas étrangère à la philosophie analytique. Elle est enracinée dans une œuvre fondamentale et problématique pour cette tradition, celle du « second » Wittgenstein, et dans sa philosophie du langage ordinaire. Cavell a été également le disciple de John Langshaw Austin, et considère que celui-ci est méconnu en tant que philosophe. Les deux ouvrages fondamentaux de Cavell, Must we Mean What we Say ? (1969) et The Claim of Reason (1979, Les Voix de la Raison) sont consacrés à Austin et Wittgenstein. Ils ont fait entendre, au moment de leur parution, une voix nouvelle, ni analytique ni réellement critique de la tradition analytique, réclamant avant tout une attention au langage tel que nous le parlons et le signifions ordinairement. Cavell traite de textes, et non de problèmes ou d'arguments. Par exemple, Les Voix de la Raison explorent Wittgenstein et Shakespeare, The Senses of Walden (1972) Thoreau, The New Yet Unapprochable America (1989, Une nouvelle Amérique encore inapprochable) Emerson.

Le travail de Cavell n'a pourtant rien d'une exégèse. Il construit, à partir de Wittgenstein, une œuvre cohérente, dont le fil conducteur est le scepticisme. Wittgenstein est couramment interprété soit comme ayant produit des arguments sceptiques, soit comme ayant réfuté le s […]

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LA PROJECTION DU MONDE (S. Cavell)

Écrit par :  Jean-François MATTÉI

Que se passe-t-il, sur le plan ontologique, quand nous voyons un film ? Cette question hante la réflexion de Stanley Cavell dont la manière d'étudier les films passe par la réminiscence, comme le souligne la Préface : « des souvenirs de cinéma se superposent fil à fil au souvenir de ma vie » en une sorte de « mémoires métaphysiques ». Publié… Lire la suite
TRAFIC, revue

Écrit par :  Marc CERISUELO

…  autour de Robert Warshow (l'un des pionniers dans l'étude de la culture populaire américaine) et* de Stanley Cavell, penseur dont Trafic contribua sans relâche à faire connaître les écrits consacrés au cinéma : la teneur ordinaire et populaire de l'art cinématographique prend ici toute sa dimension, et fait surgir une ontologie réaliste… Lire la suite

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