Deux Stabat mater dominent la musique sacrée italienne de la première moitié du xviiie siècle : celui d'Alessandro Scarlatti, composé vraisemblablement au tout début de ce siècle, et celui de Jean-Baptiste Pergolèse, achevé en 1736. Ces deux œuvres offrent d'évidentes similitudes dans leurs effectifs (deux voix de femme, orchestre à cordes et orgue) et leur déroulement (airs, ariosos et duos). Mais, contrairement au Stabat mater de Scarlatti, qui s'efforce de toucher par une expression tourmentée et présente une veine encore foncièrement baroque avec son instabilité tonale, ses syncopes et ses notes répétées obsessionnelles, celui de Pergolèse évacue les figuralismes – par lesquels la musique mime le texte ou l'action – et suscite au contraire la ferveur par la perfection de ses lignes mélodiques, par sa sobriété et sa souplesse rythmique. C'est ainsi que les mouvements vifs et délicats ne reflètent pas toujours les souffrances que suggère le texte : tempo allegro sur Cujus animam gementem, allegro moderato sur Quae moerebat et dolebat. Dans sa démarche de rénovation de la musique religieuse mais aussi profane, Pergolèse annonce la période préclassique.
Son
Stabat Mater Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736) Amen du Stabat Mater (1736) Solistes et chœur de la Philharmonie tchèque, Orchestre de chambre de Prague, direction, Massimo Bruni. Image: Le compositeur italien Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736), auteur du premier chef-d'œuvre de l'opéra-bouffe, La Servante maîtresse.…
Crédits: Musique: © Koka Media
Image: © Hulton Getty Picture Collection
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Juliette GARRIGUES
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