5. Un « conservatoire » de l'art bouddhique
L'avènement du bouddhisme à Sri Lanka marque l'apparition des premiers monuments : au iiie siècle avant notre ère, le roi Devānampiya Tissa (250-210 env.) aurait reçu une ambassade du moine Mahinda, fils du souverain indien Aśoka. Une communauté monastique s'installe dans le nord de l'île, à Mihintale. C'est de cette époque que dateraient les deux plus anciens stūpa singhalais (dāgoba), le Rājamahāvihāra de Mihintale, fondé selon la tradition sur les reliques de Mahinda, et le Thupārāma de la capitale, Anurādhapura. Constamment en contact avec les courants religieux et esthétiques de l'Inde, l'art du Sri Lanka n'en poursuivra pas moins une évolution propre : il doit en partie son originalité à l'attachement des Singhalais au bouddhisme Theravāda, qui allait assez tôt céder le pas en Inde à d'autres tendances. Toutefois, cette fidélité au Theravāda n'excluait pas la tolérance, voire une certaine volonté d'assimilation, à l'égard de l'hindouisme ou du Grand Véhicule, dont l'iconographie porte l'empreinte.
• Les débuts de l'art bouddhique
Comme son prototype indien, le dāgoba singhalais est un édifice cultuel commémoratif : son dôme plein est érigé sur les reliques du Buddha ou de ses grands disciples. Les dimensions gigantesques des dāgoba de la première période d'Anurādhapura (iiie s. av. J.-C.-iiie s. apr. J.-C.) attestent la vigueur du soutien que le bouddhisme trouva alors auprès des souverains singhalais. Probablement plus modeste à l'origine, le Thupārāma est considérablement agrandi au iie siècle avant notre ère ; le Mahāthūpa (sans doute iie s. apr. J.-C.), connu dans la tradition comme le Ruvanveliseya, atteint un diamètre de 90 mètres ; l'Abhayagiri dāgoba (ier s. av. J.-C.), le Jetavana dāgoba (iiie s. apr. J.-C.) s'élèvent à plus de 100 mètres de hauteur. Si son aspect général ne le différencie pas fondamentalement du stūpa indien, le dāgoba singhalais offre néanmoins d […]
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