En 2010, après la longue et sanglante guerre civile qui s'est achevée par la défaite des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (L.T.T.E.), le Sri Lanka commence sa reconstruction, assiste au redémarrage de la croissance et consolide le pouvoir politique sous la direction du président Mahinda Rajapakse et de son parti, l'Alliance du peuple uni pour la liberté. Jouissant depuis sa victoire militaire d'une immense popularité auprès des Singhalais, majoritaires, le président Rajapakse est réélu sans difficulté pour un second mandat en janvier, puis son parti remporte les élections législatives en avril. Son opposant lors du scrutin présidentiel, le général Sarath Fonseka, ancien chef de l'armée de terre, reçoit le soutien des communautés tamoule et musulmane ainsi que de certains Singhalais vivant en zone urbaine. Les résultats électoraux soulignent la division persistante de la société sri-lankaise selon des critères ethniques et l'absence de réconciliation entre communautés.
Après l'élection, le général Fonseka, qui a contesté les résultats, est arrêté et accusé d'avoir comploté pour renverser le gouvernement. Plusieurs autres opposants et des journalistes sont également victimes de harcèlement. L'usage de la force ainsi que la concentration grandissante des pouvoirs entre les mains du président et de sa famille suscitent de profondes craintes sur l'avenir de la démocratie sri-lankaise. Alimentant ces inquiétudes, le Parlement amende la Constitution en septembre afin d'autoriser le chef de l'État à remplir plus de deux mandats de six ans. Cette modification lui accorde également l'immunité devant la justice et l'autorité suprême sur toutes les nominations à des charges civiles, judiciaires, policières et militaires. Depuis 2009, le gouvernement est critiqué pour sa lenteur dans la mise en place des mesures devant faciliter le retour dans leur foyer des dizaines de milliers de personnes déplacées par la guerre. En octobre 2010, il prétend cependant que quelque deux cent soixante mille déplacés sur les deux cent quatre-vingt mille répertoriés ont été réinstallés.
En ce qui concerne l'économie, la fin de la guerre ramène la confiance des milieux d'affaires, des ménages et des touristes. Le P.I.B. national devrait par ailleurs croître de plus de 6 p. 100 en 2010. En revanche, l'Union européenne suspend les préférences tarifaires qu'elle accordait au Sri Lanka dans le cadre du régime S.P.G.+ (version améliorée du Système de préférences généralisées qui octroie des aides spéciales au développement durable et à la bonne gouvernance). Cette décision, prise en raison des « graves manquements » aux droits de l'homme constatés au Sri Lanka, devrait avoir de sérieuses répercussions sur les exportations de prêt-à-porter. En dépit de la controverse, le Sri Lanka continue de recevoir le soutien du F.M.I. et de la Banque mondiale.
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