1. Bref historique
Certes, lors des concours sacrés panhelléniques de l'Antiquité, les lauréats des compétitions ne recevaient qu'une récompense honorifique (la branche d'olivier sacré des jeux Olympiques, la branche de pin des jeux Isthmiques, le laurier coupé par les prêtres des jeux Pythiques...). Néanmoins, les athlètes étaient déjà soutenus par leurs cités, qui leur accordaient des avantages substantiels – au point que, en 580 avant J.-C., le législateur athénien Solon limitera à 500 drachmes le montant de la somme versée aux olympioniques. En outre, ces sportifs, qu'on peut de ce fait qualifier de « professionnels », participaient à d'autres types de compétitions (thematikoi), lors desquelles le vainqueur se voyait remettre une somme d'argent.
Mais c'est dans l'Angleterre du xixe siècle que se développe une forme de sport réellement professionnel. Ainsi, certains coureurs à pied – Allardice Barclay, Abraham Wood, l'Indien d'Amérique Deerfoot – vivent de leurs exploits sportifs. Les matchs de boxe donnent lieu à des paris, et les combattants exigent bientôt de recevoir leur « part du gâteau », devenant de véritables professionnels – le Britannique Jem Mace touche ainsi 10 000 dollars pour se rendre à Kennerville (Louisiane) afin d'affronter l'Américain Tom Allen en 1870. Les rencontres de football attirent rapidement les foules : 2 000 spectateurs seulement assistent à la première finale de la Coupe d'Angleterre en 1871, mais ils sont 23 000 en 1891 et plus de 110 000 dès 1901. Aussi les joueurs revendiquent-ils logiquement leur part des recettes, et la Football League organise en 1888-1889 le premier Championnat d'Angleterre professionnel.
En France, le mouvement sportif se fédère selon le modèle élitiste prôné par Pierre de Coubertin, fondé sur l'amateurisme, qui sera la norme pendant près d'un siècle aux jeux Olympiques. Néanmoins, poussé par la presse, qui organise notamment le Tour de France, le cyclisme – sport du peuple – devient rapidement professionnel. Mais il fau […]
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