4. La planète sportive
Depuis le début du xxe siècle, le sport moderne s'est diffusé sur la quasi-totalité du globe. Mais le mouvement sportif connaît pourtant des limites à son désir d'expansion planétaire. Jean Praicheux a bien mis en évidence les irrégularités géographiques dans sa pénétration des continents : elles concernent aussi bien l'intensité de la pratique, la production des performances que les lieux d'organisation des compétitions internationales. Les projections cartographiques mondiales de la « réussite sportive » soulignent les inégalités considérables qui existent entre les pays développés de l'hémisphère Nord et les pays du Tiers Monde, au sud. De même, l'espace mondial des grandes manifestations sportives s’e st longtemps limité, pour l'essentiel, à ces mêmes zones septentrionales. L'Europe occidentale et l'Amérique du Nord monopolisent, depuis longtemps, et les sièges sociaux des organismes internationaux et les grandes manifestations sportives. Cela s'explique aisément par les corrélations fortes qui existent entre l'intensité de la pratique, l'impact spectaculaire de ses manifestations et le contrôle institutionnel et financier de leurs effets. Signe des temps, la montée en puissance économique des pays du Sud-Est asiatique fut à l'origine de l'organisation des jeux de la XXIe olympiade à Séoul, en Corée du Sud. Pour ce qui est des pays émergents, la Chine, devenue puissance économique majeure, s'est vu attribuer l'organisation des jeux Olympiques de 2008 (Pékin). L'Afrique du Sud, débarrassée de l'apartheid, a organisée la Coupe du monde de rugby en 1995. Montant en puissance dans le concert économique des nations, elle hérite d'un événement plus considérable encore : la Coupe du monde de football 2010.
Cette puissante « médiatisation » du sport, qui accroît les enjeux auxquels nul gouvernant ne peut rester insensible, possède sa logique propre (fonctions distractives, sanctions de l'audience, exigences des annonceurs) qui transforme progressivement les produits sportifs utilisés […]
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