5. Pour de véritables contrôles
L'A.M.A. avait procédé en 2009 à 2 757 tests hors compétition sur des sportifs représentant 42 disciplines et 83 nationalités. Seuls 21 contrôles positifs avaient été identifiés, soit un taux infime. La même année, les laboratoires accrédités avaient analysés 277 928 échantillons ; 5 061 d’entre eux (2,02 p. 100) étaient « anormaux ou atypiques » (ce qui ne signifie pas que tous ces sportifs étaient dopés). De fait, ces chiffres ne peuvent pas constituer une mesure de ce fléau, car il existe trop de substances et de procédés indétectables.
Ce serait une erreur de croire en l'efficacité des tests actuels, et ce pour trois raisons. Si lors des grandes manifestations, on n'a dénombré que peu de cas positifs (moins de 0,4 p. 100 depuis l’instauration des contrôles en 1968 aux jeux Olympiques ; quelque 2 p. 100 depuis le début des contrôles lors du Tour de France en 1966), voire parfois aucun (0 p. 100 lors des Championnats du monde de natation en 2009), cela ne signifie pas pour autant qu'il n'existe que des champions irréprochables. Cela veut simplement dire que, à partir des produits analysés ou analysables, il n'y a pas eu, ou en très petit nombre, de cas de dopage avéré.
Sans tenir compte des autorisations à usage thérapeutique (A.U.T.), le pourcentage des contrôles positifs sur le Tour de France est en baisse constante. Ainsi, lors de l'édition 2006 du Tour, sur les 180 prélèvements effectués, 16 étaient positifs, soit près de 9 p. 100. Toutefois, l'U.C.I. a classé 15 tests comme A.U.T. protégeant les coureurs. Seul le contrôle positif de Floyd Landis a fait l'objet d'une procédure. Parmi les 105 coureurs contrôlés, 60 p. 100 ont déclaré une A.U.T. « Il y a un trop grand décalage entre le système de contrôle et d'analyse et la réalité du dopage », estimait Pierre Bordry, président de l'Agence française de lutte contre le dopage (Le Monde, 9 juill. 2006).
Une deuxième explication du manque de fiabilité des contrôles antidopage tient à l'insuffisan […]
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