4. Faut-il légaliser le dopage ?
À l'opposé de cette approche, plusieurs dirigeants sportifs, médecins et médias entendent réduire l'aire du dopage. Ainsi, Juan Antonio Samaranch, alors président du Comité international olympique (C.I.O.), avait souhaité une limitation drastique du nombre de produits illicites, estimant que les substances augmentant artificiellement le rendement du sportif ne devaient pas être interdites si elles ne nuisaient pas à la santé (déclarations au quotidien espagnol El Mundo, 26 juill. 1998). Certes, le président du C.I.O. s'est rétracté devant la vive émotion suscitée par une telle distinction, dangereuse en raison du manque de connaissances sur les effets, à moyen et à long terme, des substances en question. De plus, l'instrumentalisation des médicaments au service de la performance relevait d'une conception utilitariste qui allait à l'encontre des valeurs fondatrices du sport. Ce retrait tactique ne doit pas masquer l'influence dont jouit cette position, partagée par plusieurs spécialistes. Ainsi, le docteur Michele Ferrari, mis en examen en octobre 1998 pour « prescriptions de médicaments dangereux pour la santé des athlètes », trace la frontière séparant le dopage du suivi médical à partir du résultat des contrôles antidopage. « Si j'étais coureur et s'il existait un produit non détectable et capable d'améliorer la performance, je l'utiliserais », commentait celui qui est présenté comme étant un des plus importants prescripteurs et pourvoyeurs de produits dopants en Italie (L'Équipe, 22 avril 1994). Il faut laisser les sportifs professionnels s'« autogérer », en accord avec les médecins spécialistes. Une politique prohibitive est inutile, puisque les sportifs prennent des produits indécelables. Le docteur Bruno de Lignières va plus loin encore en déclarant que « le dopage, tel qu'il est mis en œuvre aujourd'hui, améliore la santé des sportifs au lieu de leur nuire » (Le Monde, 22 août 1998). À la différence des médecins qui accordent une […]
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