2. L'évolution des performances
Même si le dopage a toujours existé, sous des formes plus ou moins actives, ce sont les jeux Olympiques de Mexico, en 1968, qui ont amplifié cette double entorse à la morale sportive et à l'éthique médicale. Là, en effet, les sportifs ont été confrontés aux difficultés causées par l'altitude et la chaleur. Dans cette perspective, une relation plus étroite entre le sport et la science s'est créée, pour le meilleur et pour le pire. Bien évidemment, la mise en œuvre de nouvelles méthodes de préparation et l'évolution des matériels et des équipements ont fait progresser de façon spectaculaire les performances. C'est ainsi que le premier champion olympique du 100 mètres nage libre en 1896 avait réalisé un temps qui ne lui aurait même pas permis d'être, un siècle plus tard, champion de France minime. Mais les avancées thérapeutiques issues de l'endocrinologie et de la biologie moléculaire, récupérées par la sphère sportive, ont augmenté dans des proportions considérables les possibilités de dopage. Ainsi, les substances le plus souvent consommées ont été les amphétamines (années 1960), les stéroïdes anabolisants (années 1970), la testostérone (années 1980) et l'érythropoïétine (années 1990 et 2000). Par exemple, une cure d'érythropoïétine (EPO) augmente sensiblement les performances du skieur de fond (gain de 2 min sur 15 km), du cycliste (de 3 à 6 min par étape du Tour de France, soit de 1 h à 2 h pour l'ensemble de l'épreuve), et du coureur de marathon (près de 10 min). Bientôt, la pharmacologie pourrait offrir d'autres possibilités en agissant notamment sur la carte génétique humaine, par exemple en injectant à l'aide d'un « virus vecteur », et au sein même des muscles, des « gènes de la performance » – une méthode indétectable – avec des molécules d'ADN qui dirigeraient la production de protéines intervenant dans le fonctionnement musculaire ou la résistance des ligaments et des tendons.
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