3. Un journalisme comme les autres et pas comme les autres
Dans un Livre blanc publié en 1975, les responsables de l'Union syndicale des journalistes sportifs de France (U.S.J.S.F.) utilisaient cette formule qui traduit avec exactitude la complexité, à la limite de la contradiction, « d'un journalisme comme les autres et pas tout à fait comme les autres ». Comme les autres, car il d'agit d'un journalisme plein pour le traitement de l'information, pour le récit et le commentaire des faits. Le journaliste étiqueté « sportif » est soumis aux mêmes règles professionnelles et éthiques que les journalistes des autres spécialités, y compris pour sa propre formation. Il doit être un généraliste de l'information avant de devenir un spécialiste du sport. Pas comme les autres, parce qu'il est intimement lié à la matière qu'il traite. L'histoire de la presse sportive démontre que le journaliste de sport est sans doute le seul à créer, à inventer sa propre actualité. Il l'entretient quand il ne l'organise pas lui-même, dans le cas typique du Tour de France.
Le journaliste de sport est naturellement tenu – et souvent à son insu, sans en avoir pleine conscience – de respecter, pour ne pas dire de concilier, l'éthique, prioritaire, de son métier, avec l'éthique du sport, laquelle n'est pas secondaire, car ressentie par l'ensemble de la clientèle de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs.
Cette clientèle mérite d'être définie, car elle a ses caractéristiques propres et des différences avec la clientèle habituelle de la presse d'information : elle est plus exigeante, plus passionnée, plus pressée.
• Une clientèle plus exigeante, parce que plus compétente
Le lecteur d'une chronique portant, par exemple, sur l'économie est assez rarement un ancien économiste, alors que le lecteur assidu de sport est le plus souvent un pratiquant ou un ancien pratiquant d'une ou de plusieurs disciplines sportives. Il prétend connaître le sujet autant, sinon mieux, que le journaliste qui en traite. Le public sportif ne pardonne pas la moindre erreur aux journalistes qui écrivent ou qui parlent.
Cette donne peut justifier, en partie, mais en partie se […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



