La presse sportive se définit « presse comme les autres, sans être tout à fait comme les autres ». Elle est intégrée, aujourd'hui plus qu'hier, à la presse de grande information, aussi bien pour l'écrit, la radio, la télévision que maintenant sur Internet. Elle remplit les mêmes fonctions, elle a les mêmes exigences techniques et éthiques, les mêmes droits, les mêmes devoirs.
Pourtant, elle reste une presse très spécialisée et même un peu spéciale, et ce d'abord parce qu'elle est liée de près à la matière qu'elle traite. À l'origine, ce sont les journalistes qui ont fait connaître les activités sportives, qui ont constitué et souvent dirigé les fédérations pour établir les règles des différentes disciplines, qui ont créé et organisé les premières compétitions. Le Tour de France cycliste en porte témoignage. Le journaliste de sport a donc l'occasion de se fournir sa propre matière et de fabriquer son actualité.
La presse sportive doit satisfaire dans des conditions particulières de rapidité et de précision une clientèle très exigeante, le plus souvent compétente et parfois pratiquante en matière sportive, toujours pressée et passionnée, parfois trop passionnée, jusqu'aux limites du chauvinisme ou d'un nationalisme exacerbé. Sa clientèle est très fidèle, mais turbulente, et elle demande à être toujours comblée.
En outre, la presse sportive est aujourd'hui un rouage essentiel du système économique du sport-spectacle.
1. Histoire de la presse sportive
Le premier journaliste de sport français, Eugène Chapus, était un arbitre... Mais un « arbitre des élégances » – c'est ainsi que le nommaient ses contemporains. Eugène Chapus représentait la figure typique du dandy, du « fils à papa ». Quand il eut dilapidé la fortune de son père, ancien gouverneur de la Guadeloupe, il gagna sa vie comme feuilletoniste, publia un agenda sur les activités mondaines de son époque qu'il intitula Le Sport à Paris. Il fut le premier à introduire en France – à la suite d'un voyage en Angleterre où, bie […]
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