5. La révolution sportive du XIXe siècle
Ainsi ce fut de la Révolution et de l'Empire – et par réaction contre eux – que le sport naquit en Allemagne. En 1793, Guts Muths écrivit le premier traité de gymnastique à l'intention des jeunes gens ; en 1811, Friedrich Ludwig Jahn fonda le « Turnplatz » (club de gymnastique) sous le signe du patriotisme teutonique. L'insigne de cette société porta bientôt quatre chiffres mystérieux : 9, 919, 1519, 1819. 9, c'était la date de l'arrêt de la civilisation romaine par Arminius ; 919, celle du premier tournoi supposé dans le Saint-Empire ; 1519, celle du dernier ; 1819, celle de la résurrection de l'effort. En Allemagne, le sport naquit ainsi d'un élan de mobilisation des individus au service de la nation.
• Un certain Thomas Arnold
L'Angleterre fut plus éclectique : modifiant à son usage les doctrines venues de l'extérieur, elle fit de l'éducation un élément prépondérant de sa puissance. Par réaction à la brutalité de la jeunesse qui se généralisait au lendemain de Waterloo, le chanoine anglican Kingsley fonda l'association des « Muscular Christians ».
En 1823, à Rugby, un étudiant en théologie, futur pasteur à St. Clement de Londres, William Webb Ellis, inventa le jeu du ballon ovale que les Anglais appelèrent bientôt football-rugby, en souvenir de la ville qui le vit naître. La première rencontre d'aviron Oxford-Cambridge eut lieu en 1829. De 1828 à 1842, le directeur du collège de Rugby, Thomas Arnold, modela l'esprit sportif de la jeunesse anglaise. Son originalité fut de faire de l'activité sportive un élément de la formation du caractère. Par le sport, l'élève connaissait la nécessité de la libre discipline ; le sport devenait ainsi une pièce capitale de l'éducation morale et, associé étroitement à l'étude, il devint rapidement la pierre angulaire de toute l'éducation britannique sur laquelle reposa en grande partie la puissance du Royaume et de l'Empire. Dans son célèbre poème, If (Si), Rudyard Kipling nous propose une merveille […]
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