2. Jeux Panhelléniques et formation du citoyen
C'est au viiie siècle avant J.-C. que tout commence. La peste a ravagé le Péloponnèse : le roi d'Élide, Iphitos, a dû se résoudre à consulter la Pythie, à Delphes, pour lui demander comment débarrasser son pays de la calamité qui l'accable. La Pythie lui répond que les dieux interviendront s'il rétablit les jeux Olympiques, ce qui laisse donc supposer que ces Jeux existaient déjà, sous une forme demeurée indéterminée, avant leur date de naissance officielle (776 av. J.-C.). Cette aventure, scellée à son début par une trêve sacrée conclue entre Iphitos et Lycurgue, roi de Sparte, va durer près de dix siècles et constitue le premier patrimoine sportif de l'humanité. La primauté de cette « convention » (« panégyrie ») découlait de l'influence prédominante de Sparte où, par ailleurs, l'instruction physique, à caractère hautement militarisé, tenait un rôle privilégié.
La paix olympique ne fut violée qu'à deux reprises : en 748 avant J.-C. à la suite d'une contestation entre les Pisates et les Éléens, puis, en 364 avant J.-C., quand les Béotiens envahirent le Péloponnèse. Le reste du temps, rien ne détourna les Grecs de leurs Jeux. Il est ainsi permis d'imaginer que, tandis que le sort de la Grèce se jouait à Marathon ou aux Thermopyles, les champions continuaient de lutter pour la gloire de leur cité sur la piste d'Olympie qui, selon la légende chantée par Pindare dans la Xe Olympique, aurait été créée par Héraclès. Ce dernier serait en effet arrivé à Olympie quinze siècles avant notre ère. Après avoir tué Augias, roi d'Élide, dont il fit nettoyer les écuries, il organisa une fête pour remercier Zeus et pour permettre à ses quatre frères cadets, Epidémès, Aionos, Idas et Iasios, de se mesurer entre eux. Héraclès traça d'abord le temenos ou « enceinte sacrée », au centre de laquelle devaient être célébrées les compétitions. Il posa le pied droit sur le sol, y juxtaposa le pied gauche, puis le pied droit et ainsi de suite six cents fois... Ce […]
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