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SPIRITUALISME

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4.  L'instauration bergsonienne

Henri Gouhier a bien montré, en particulier dans son introduction à l'édition du Centenaire, que « le bergsonisme se présente comme la prise de conscience d'une situation nouvelle dans l'histoire des sciences ». Tandis que, depuis Descartes, les mathématiques constituaient l'archétype méthodologique par excellence, c'est alors la biologie qui offre un nouveau modèle d'intelligibilité : à travers les découvertes de Claude Bernard et de Pasteur, mais aussi grâce aux théories évolutionnistes de Darwin et de Spencer. Par ce souci de positivité, Bergson se distingue des spiritualistes qui l'ont précédé : « Travaillons donc à serrer l'expérience d'aussi près que nous pourrons » : cet appel, formulé en 1901, a déjà été appliqué dans l'Essai sur les données immédiates de la conscience et surtout dans Matière et Mémoire ; il le sera, avec plus d'éclat, dans L'Évolution créatrice.

Mais l'expérience, au sens bergsonien, est intégrale : il s'agit de dégager des données scientifiques les orientations qui leur confèrent un sens métaphysique : « Comme l'esprit et la matière se touchent, métaphysique et science vont pouvoir, tout au long de leur surface commune, s'éprouver l'une l'autre, en attendant que le contact devienne fécondation. » Cette théorie de la surface commune est extrêmement importante pour comprendre le bergsonisme en sa richesse et en ses ambiguïtés : elle permet à la métaphysique de s'appuyer sur la science, jusqu'au moment où la science, tournée essentiellement vers la matière, n'a plus les moyens de coïncider avec la vie de l'esprit. Cette théorie justifie une métaphysique positive ; mais elle autorise aussi des inférences intuitives de la positivité.

Ainsi, Matière et Mémoire part de la réalité de l'esprit comme de celle de la matière, analyse de près les phénomènes de l'aphasie, mais aboutit à cette conclusion, lourde de sens métaphysique, qu'« à aucun degré, en aucun sens, sous aucun aspect » le corps « ne sert à préparer, encore moins à  […]

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