3. Bilan
On le voit, les modes potentiels de spéciation ne manquent pas. Les mieux illustrés, de loin, sont ceux de la spéciation géographique et de la spéciation par polyploïdie. Pour les autres, la rareté des exemples convaincants peut traduire aussi bien la faiblesse de leur contribution à la dynamique évolutive que la pauvreté du pouvoir discriminatoire des méthodes d'analyse. Concernant la dynamique évolutive, il faut distinguer le court terme et le long terme. Ainsi, bien que la polyploïdie soit un mode de spéciation très répandu chez les plantes à fleurs, l'analyse des liens de parenté entre espèces actuelles montre que la plupart des grandes unités évolutives, correspondant aux familles ou aux unités systématiques de rang plus élevé, dérivent de formes ancestrales diploïdes. La polyploïdie a donc surtout des conséquences à court terme.
La divergence de groupes actuellement aussi différents que oiseaux et crocodiles, plantes à graines et fougères ou animaux et champignons résulte de spéciations dont on constate a posteriori l'importance à long terme. Ont-elles pour autant mis en jeu des phénomènes autres que ceux que prennent en compte les modèles présentés ci-dessus ? On peut être tenté de le croire, et penser par exemple à des mutations faisant apparaître d'emblée des plans d'organisation tout à fait nouveaux, mais les données actuellement disponibles à ce sujet ne débouchent pas sur des modèles pleinement convaincants.
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