3. Les derniers soubresauts
Sparte est assez insensée pour ne pas participer avec les autres Grecs à la lutte contre Philippe II de Macédoine. Elle n'en est pas épargnée pour autant : le roi dévaste la Laconie, la réduit à la vallée de l'Eurotas et morcelle le Péloponnèse pour la ruiner définitivement. Sous Alexandre, elle se rebelle vainement.
L'époque hellénistique voit s'accroître son déclin. L'orgueilleuse cité qui ne comptait pour son salut que sur la bravoure de ses soldats doit, en 317, se ceindre de remparts, qu'elle ne cessera de renforcer. Ses ennemis d'antan, les Arcadiens et Argos, montrent une grande énergie contre elle. Elle s'acharne en vain à susciter des coalitions contre une Macédoine dont les forces sont sans proportion avec les siennes.
Parallèlement, la crise interne s'amplifie. Malgré le maintien apparent de ses institutions, Sparte n'est guère différente des autres cités de Grèce : le nombre de ses citoyens diminue au détriment de sa puissance militaire, tandis qu'augmente celui des inférieurs misérablement endettés ; la terre se concentre en quelques mains ; d'immenses fortunes voisinent avec la plus extrême pauvreté.
Cependant, le poids d'un passé si glorieux suscite de grandes ambitions chez des rois qui vont se poser en réformateurs. Agis IV annule les dettes et médite un plus vaste programme social, mais il périt assassiné. Cléomènès III va plus loin : il abolit les dettes, partage la terre en quatre mille lots, fait entrer des inférieurs et des périèques dans le corps civique, autorise des hilotes à racheter leur liberté. Il reconstitue la puissance militaire de Sparte et remporte de grands succès dans le Péloponnèse ; mais il est vaincu à la bataille de Sellasie (222) où il s'oppose à la coalition de la ligue achéenne et de la Macédoine. Son œuvre est reprise dans un sens plus radical encore par le tyran Nabis ; mais Sparte n'a plus la force de lutter contre ses ennemis, auxquels Rome apporte un soutien décisif : le meurtre de Nabis par les Ét […]
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