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SOUS LE SOLEIL DE SATAN, livre de Georges Bernanos

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2.  Le « désir du néant »

« Le mal est un fait d'expérience qu'il n'est pas facile de nier », écrira Bernanos dans Le Crépuscule des vieux : l'omniprésence du mal est, selon lui, sensible dans le travail de sape que le Malin opère contre l'espérance et la joie de l'homme. Bernanos fait ici une place essentielle au dogme de la communion des saints, au rachat réciproque des fautes. Habité par une conscience aiguë de l'action dévastatrice du démon sur les âmes, Donissan combat la lumière illusoire du soleil de Satan qui enveloppe la planète et s'attaque à tous sans exception. C'est Dieu lui-même que Satan cherche à atteindre à travers la créature. C'est pourquoi l'abbé Donissan s'est persuadé qu'il avait un combat personnel à mener contre cet unique ennemi. Après avoir tenté de ressusciter un enfant, Donnissan devenu curé de Lumbres, assailli par des foules de pénitents, mourra d'une crise cardiaque, le jour où un académicien, « illustre vieillard qui exerce la magistrature de l'ironie » était venu le visiter. Il est aisé de reconnaître Anatole France sous les traits de Saint-Marin, le grand écrivain incarnant avec André Gide un contre-modèle. Bernanos s'attache avec virulence et infiniment de conviction à souligner la puissance du mal à tout déliter, compromettre, travestir ; le saint lui-même n'est pas à l'abri de « la séduction du désespoir ». Dans la première partie du roman, la séduction deviendra tentation ; cette soif de connaissance est désir de se perdre.

Inspiré par la mystique de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Bernanos comprend que la sainteté de l'homme n'est jamais que la sainteté de Dieu, que seule l'expérience intérieure d'un individu est sainte, dans la mesure où son combat se résout en une adhésion totale du cœur à dire « oui » même à l'inexplicable. Au cinéma, le roman de Bernanos a inspiré deux œuvres d'esthétique très différente : Mouchette (1967) de Robert Bresson, et Sous le soleil de Satan (1987), de Maurice Pialat.

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