En avril 2010, le Soudan organise ses premières élections multipartites depuis l'arrivée au pouvoir d'Omar el-Bechir et des militaires en 1989. Cet événement constitue un tournant à l'approche des référendums d'autodétermination qui doivent se tenir au Sud-Soudan et dans la province disputée d'Abyei, conformément à l'accord de paix global signé en 2005, qui a mis fin à deux décennies de guerre civile entre le parti du Congrès national (P.C.N.) au pouvoir et les rebelles sudistes. Ces élections désignent le nouveau président du pays et celui du Sud-Soudan, territoire semi-autonome, les 450 députés nationaux et les 171 parlementaires sudistes, ainsi que les gouverneurs des 25 États. À l'issue des scrutins, le président Omar el-Bechir, chef du P.C.N., est confirmé dans ses fonctions, avec plus de 68 p. 100 des suffrages, tandis que Salva Kiir, leader du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (M./A.P.L.S.), remporte une victoire écrasante, avec 93 p. 100 des voix, dans le Sud-Soudan. Le P.C.N. et le M./A.P.L.S. obtiennent la quasi-totalité des postes de gouverneurs et de députés dans leurs territoires respectifs.
Les électeurs soutiennent donc Omar el-Bechir en dépit de son inculpation par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et, en juillet 2010, pour génocide dans le conflit du Darfour, notamment parce qu'ils reconnaissent à son régime la prospérité dont bénéficie le pays depuis plus d'une décennie grâce à la manne pétrolière. L'Union africaine (U.A.), opposée à cette mise en examen, n'oblige aucun de ses membres à procéder à l'arrestation d'Omar el-Bechir lors de ses visites dans les pays africains.
Malgré de nombreuses irrégularités constatées lors du déroulement des scrutins électoraux, les observateurs de l'Union européenne, de l'U.A., de la Ligue arabe, du centre Carter et des O.N.G. locales estiment les résultats acceptables et prônent le passage à l'étape suivante du processus de paix. Celle-ci consiste à organiser les référendums d'autodétermination prévus pour janvier 2011 dans le Sud-Soudan et dans la petite province d'Abyei, riche en pétrole. Il s'agit également de négocier le partage des revenus pétroliers en tenant compte des dispositions actuelles de l'accord favorables aux deux parties dans la mesure où les hydrocarbures produits dans le Sud sont exportés par les oléoducs et les terminaux pétroliers du Nord. Le M./A.P.L.S. et le P.C.N. ont accepté que les référendums se tiennent indépendamment de la résolution du conflit frontalier entre le nord et le sud du pays. Mais, à la fin de l'année, la consultation prévue à Abyei est reportée sine die en raison de désaccords concernant l'éligibilité des électeurs de la région.
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