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SOPHISTIQUE

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2.  La constitution de l'objet sophistique

H. Diels et W. Kranz (D. K.), puis M. Untersteiner ont rassemblé les fragments des sophistes. De ces grands ensembles ressort la minceur du corpus authentique, c'est-à-dire attribuable expressis verbis à l'un des sophistes. Il comporte deux lignes de force bien visibles : l'œuvre de Gorgias, avec l'ontologie, ou la méontologie, du Traité du non-être, la rhétorique de l'Éloge d'Hélène et de l'Apologie de Palamède, et celle d'Antiphon, avec les préoccupations éthiques et politiques du papyrus Sur la vérité. Cependant, les fragments conservés ne sont rien face à l'ampleur des témoignages qu'ils ont suscités. De Protagoras, qui fut, dit-on, le premier des sophistes, on ne possède somme toute que deux phrases. Mais la plus célèbre d'entre elles, qu'on a l'habitude de rendre par : « L'homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont, qu'elles sont, de celles qui ne sont pas, qu'elles ne sont pas » (B 1 D. K.), a, de façon paradigmatique, pour contexte de transmission ou d'interprétation, rien moins, entre autres, que le Théétète de Platon et le livre Γ de la Métaphysique d'Aristote.

Ainsi le dialogue entre Socrate et Théétète accrédite sans doute à jamais le sens relativiste et subjectiviste de la proposition de Protagoras : si la vérité se réduit pour chacun à l'opinion qui traduit sa sensation, Protagoras aurait à ce compte aussi bien fait de dire que « la mesure de toutes choses, c'est le cochon, ou le cynocéphale » (161 c 4-5). De l'ensemble des dialogues de Platon se dégage alors la figure désormais traditionnelle de la sophistique. Elle est déconsidérée sur tous les plans – ontologique : le sophiste ne s'occupe pas de l'être, mais se réfugie dans le non-être et l'accident ; logique : il ne recherche pas la vérité ni la rigueur dialectique, mais seulement l'opinion, la cohérence apparente, la persuasion, et la victoire dans la joute oratoire ; éthique pédagogique et politique : il n'a pas en vue la sagesse et la vertu, pa […]

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Dans le chapitre "Locus amoenus"  : …  correspond à la diffusion, à la fin du xvie siècle, des techniques de la* seconde sophistique. En 1578, Blaise de Vigenère traduit les Tableaux de Philostrate, sophiste grec du iie siècle, qui servent de modèle aux Tableaux sacrez du jésuite Richeome (1601). La sophistique sacrée de… Lire la suite
THUCYDIDE (~460 env.-env. ~400)

Écrit par :  Jacqueline de ROMILLY

Dans le chapitre "L'esprit politique"  : …  politique constituait une habitude de tous les jours et la première des activités intellectuelles. *Les sophistes avaient enseigné l'art de manier les arguments et ils se donnaient eux-mêmes pour des maîtres de politique. Thucydide a sans nul doute été leur élève, et la trace de leurs enseignements se reflète dans les discours qu'il insère dans son… Lire la suite

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