2. Renouvellement du lyrisme
Les couleurs et les lumières aux nuances subtiles, les images insolites et raffinées, les échos sonores toujours tamisés, le frémissement des phrases rythmiques, l'intime alliance entre le décor visible et le paysage mental composent l'univers fascinant des Sonnets spirituels, d'une rare beauté lyrique, qui renouvelle le langage symbolique ou allégorique.
« J. R. Jiménez a obtenu dans les Sonnets spirituels, écrit le critique Allen W. Phillips, quelques moments d'impérissable beauté lyrique. Ils font voir au lecteur la dramatique passion d'éternité qui commençait à dominer de manière obsédante l'âme éprise d'amour de Jiménez. En donnant libre cours, dans ses sonnets, à la sensation et à l'inquiétude, il parvient à atteindre l'une des plus hautes cimes de ses préoccupations esthétiques. »
S'ils recueillent les derniers éclats du modernisme finissant – mouvement littéraire dont le chantre est le poète nicaraguayen Rubén Darío (1867-1916) –, les Sonnets spirituels inaugurent une conscience poétique nouvelle, marquée par l'audace métaphorique du langage et la délivrance des formes métriques classiques. À cet égard, les poètes de la génération de 1927 (Jorge Guillén, Pedro Salinas, Federico García Lorca, Rafael Alberti), avec lesquels Juan Ramón Jiménez eut des relations parfois si difficiles, le reconnurent tous comme un maître.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



