2. Histoire
• Le « pays du bout du monde » des Anciens
Rares sont les indices qui permettent de reconstituer l'histoire ancienne des territoires de la Corne de l'Afrique avant l'expansion des Somali, même si les rivages sont mieux connus grâce aux contacts anciens avec le monde méditerranéen. Au milieu du IIIe millénaire avant J.-C., les Égyptiens explorent la mer Rouge et découvrent des côtes où abondent encens et aromates, qu'ils nomment le pays de Pount. Les expéditions vers ces confins s'amplifient sous la reine Hatchepsout (xve siècle avant J.−C.), qui les fait représenter dans les bas-reliefs du temple de Deir el-Bahari à Louxor. La localisation exacte de ce territoire fait débat : se trouve-t-il au nord de l'actuelle Érythrée, ou au-delà du détroit de Bab-el-Mandeb ? Correspond-il à un endroit précis ou est-ce un lieu mythique ? Quoi qu'il en soit, les bâtisseurs de la nation somalienne contemporaine se sont emparés de ce toponyme ancien pour revendiquer une historicité concurrente de celle de l'Éthiopie et, depuis 1998, la pointe orientale de la Somalie s'est constituée en gouvernement autonome dénommé Puntland.
Dans les sources grecques du début du Ier millénaire après J.-C., à l'est du détroit de Bab-el Mandeb s'étend « le pays du bout du monde » dont les places commerciales regorgent d'encens et d'épices. Malao, port le plus actif de cette région, correspond probablement à l'actuelle rade de Berbera. Au-delà, au sud du cap Gardafui (où se trouve le « port des épices ») et du ras Hafun (appelé alors Oponé), les côtes de l'océan Indien constituent la contrée d'Azania, dont les échanges commerciaux sont contrôlés par le royaume sudarabique de Himyar (Aden et son arrière-pays).
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