Centrale syndicale la plus ancienne du Japon. L'allégeance traditionnelle de la Sōdōmei à l'aile droite du mouvement ouvrier lui fit perdre peu à peu de son importance, surtout après la Seconde Guerre mondiale, au bénéfice des deux nouvelles centrales nationales : Sōhyō, fondée en 1951, qui regroupe principalement les travailleurs de la fonction et des entreprises publiques, et Zenrō, formée en 1954 à la suite d'une nouvelle scission de la Sōdōmei.
Ce qui caractérise la longue histoire de la Sōdōmei, ou Fédération générale des syndicats ouvriers du Japon, c'est en effet la multiplicité de ses éclatements, provoqués par les éléments de gauche du syndicat, qui entendaient se désolidariser de la politique d'harmonisation du travail et du capital suivie par la Sōdōmei depuis l'époque où elle n'était encore que la Yūaikai ou Société fraternelle, association de camaraderie et d'entraide des ouvriers, fondée en 1912 par Suzuki Bunji. La Yūaikai se proposait de régler à l'amiable les conflits entre ouvriers et patrons. Mais, par la suite, les ouvriers, ne réussissant pas à organiser un nouveau syndicat, lui demandèrent son aide. C'est ainsi qu'ayant changé de nom et d'orientation au moins par rapport à sa vocation initiale, elle comptait, dès 1918, 30 000 adhérents et 120 centres régionaux. Cependant, minée par la grande querelle idéologique qui opposa bolcheviks et anarchistes, la Yūaikai, devenue en 1921 Nihon rōdōkumiai sōdōmei ou Sōdōmei, eut jusqu'à la Seconde Guerre mondiale une existence très mouvementée puisqu'elle fut marquée par cinq scissions ; après sa dissolution forcée pendant la durée de la guerre, comme elle était toujours obstinément attachée à la non-politisation, la Sōdōmei perdit peu à peu de son influence, et son prestige est principalement dû à son rôle de pionnier des centrales syndicales du Japon.
Catherine CADOU
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