5. Troisième génération : la sociologie d'enquête
L'investigation empirique constitue le point commun de cette troisième génération avec l'histoire sociale de l'art, mais elle est cette fois appliquée à l'époque présente, et non plus aux documents du passé. Cette sociologie d'enquête, le plus souvent française ou américaine, va considérer non plus l'art et la société, ou l'art dans la société, mais l'art comme société, en s'intéressant au fonctionnement du milieu de l'art, à ses acteurs, à ses interactions, à sa structuration interne. À la limite, l'« art » n'est plus le point de départ de l'interrogation, mais son point d'arrivée : ce qui intéresse désormais la recherche n'est ni intérieur à l'art (approche traditionnelle, centrée sur les œuvres) ni extérieur à lui (approche sociologisante, centrée sur les contextes) ; c'est ce qui le produit comme tel et ce que lui-même produit, comme n'importe quel élément d'une société.
Mesures statistiques, entretiens sociologiques, observations ethnologiques vont non seulement apporter de nouveaux résultats, mais surtout renouveler les problématiques, tandis que le dialogue avec d'autres domaines de la sociologie (sociologie des organisations, de la décision, de la consommation, des professions, des sciences et des techniques, des valeurs) va permettre à la sociologie de l'art d'étudier concrètement tant la réception, la médiation et la production que les œuvres elles-mêmes.
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