3. Esquisse d'une problématique
• Les chemins déjà parcourus
Sur des voies très diverses, de nombreux chercheurs ont travaillé à partir de données qui postulent l'existence d'un inconscient ou d'un préconscient de groupe.
Psychanalyse de groupe, psychothérapie de groupe et sociodrame
La « sociothérapie » remonte à la théorie et à la pratique de group analysis, proposée dès 1925 par Trigant Burrow (son histoire a été écrite par M. Rosembaum et M. M. Berger) ; l'un de ses principaux représentants est S. H. Foulkes.
La psychanalyse de groupe s'attache avant tout à la sociogenèse des déséquilibres ; ceux-ci sont considérés à partir du tout social qui les conditionne. C'est dans le cadre de cette interprétation globalisante que Jacob Levi Moreno a proposé le concept de socianalyse, celle-ci étant définie comme une technique permettant d'apprécier les conséquences de l'insertion, dans le groupe, d'un élément nouveau, et d'indiquer dans quelle mesure cet élément sera un facteur d'intégration ou de désintégration.
Psychanalyse et psychothérapie collectives partent du principe de base selon lequel « l'individu est profondément préconditionné par sa communauté, même avant sa naissance ». Foulkes et Anthony n'hésitent pas à parler d'héritage génétique, ce qui renvoie directement à la notion d'archétype et d'inconscient collectif phylogénétiquement transmis.
Bien que l'analyse de groupe, sur le plan thérapeutique, ait volontiers recours au psychodrame, c'est normalement sur le sociodrame qu'elle doit déboucher ; ce dernier peut être considéré comme une technique d'identification et de démythification des idéologies collectives. En pratique, on passe insensiblement du psychodrame au sociodrame ; mais si l'intérêt majeur du psychodrame est de permettre au moi de se mettre à la place de l'autre, le sociodrame, à partir du décryptage des interactions, ne doit s'exprimer qu'en termes de groupe.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



