Le groupe religieux des sociniens, qui s'était constitué en Pologne vers le milieu du xvie siècle et qui allait trouver en 1579 son théologien en la personne du Siennois Fausto Sozzini (Faustus Socinus, 1539-1604), est souvent présenté comme l'origine et la composante essentielle du mouvement unitarien ou antitrinitaire. En fait, il ne constitue qu'un des moments — très important, il est vrai — de ce courant doctrinal qui privilégie l'unité de personne en Dieu (la « monarchie divine »), ainsi que la nature humaine de Jésus-Christ, et qui remonte sous sa forme moderne (c'est-à-dire bien après l'arianisme) à Michel Servet lui-même, à des anabaptistes rhénans, à des humanistes italiens. C'est d'ailleurs l'exécution de Michel Servet qui avait amené, en 1553, à s'en prendre à la doctrine de la Trinité l'oncle de Fausto, Lelio Sozzini (Laelius Socinus, 1525-1562), juriste par tradition familiale, puis bibliste et théologien, qui eut maille à partir avec Heinrich Bullinger, le successeur de Zwingli à Zurich.
Venu s'installer en Pologne, où son oncle Lelio avait séjourné et exercé son influence avec d'autres Italiens antitrinitaires, Fausto devint le théologien […]
