3. Les mystères antiques et les sectes philosophiques et religieuses
Dans l'étude des sociétés de mystères, il est particulièrement difficile de distinguer les associations ou les confréries antiques, fondées sur la participation de leurs membres à des cérémonies au cours desquelles on célébrait les mystères du culte d'une divinité, et les sectes philosophiques et religieuses, dispensant les enseignements ésotériques à des initiés après certaines épreuves rituelles. Le type des premières initiations était, dans l'Antiquité gréco-romaine, celui des mystères d'Éleusis. Le type des secondes était l'enseignement pythagoricien. La complexité de leurs rapports mutuels provient du fait que ces initiations distinctes pouvaient fort bien s'accorder entre elles ou, du moins, ne pas s'exclure mutuellement.
Ce n'est qu'à une époque relativement tardive, aux environs de l'ère chrétienne et dans les premiers siècles de celle-ci, que la révélation secrète, clef de merveilleux pouvoirs, fut opposée à la vulgaire croyance des simples fidèles. La « révélation d'Hermès Trismégiste » appartient à cette tendance au même titre que le gnosticisme chrétien, qui prétendit rattacher son enseignement aux doctrines ésotériques révélées sous le sceau du secret par le Sauveur à certains apôtres, principalement à Mathias, selon Basilide, et à Jean. Dès le iie siècle avant J.-C., sur les rives de la mer Morte, existaient déjà en Palestine des communautés monastiques – telle la secte des Esséniens – qui semblent avoir associé des enseignements pythagoriciens à leurs croyances judaïques, pratiquant la communauté des biens, l'ascétisme et les disciplines contemplatives.
Sous l'influence de cette conception générale d'une voie du salut par la gnose – connaissance et expérience d'une illumination capable d'apporter à l'initié sa régénération et sa divinisation, symbolisées par le feu et la lumière – se produisit, au commencement du iiie siècle de l'ère chrétienne, une prolifération incroyable de sectes et de confréries secrètes […]
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