2. Les confréries magico-religieuses primitives
D'éminents archéologues ont soutenu la thèse de l'existence d'une religion préhistorique naissante, dès la civilisation alpine, au Paléolithique inférieur, religion dont témoigneraient des offrandes ou des sacrifices à l'ours des cavernes. On peut opposer à cette thèse un argument assez évident, à savoir que la logique du paléanthrope nous étant à peu près inconnue, nous ignorons quel sens il pouvait attribuer aux crânes et aux ossements cachés dans les sites étudiés.
En revanche, il est probable que la disposition des passages, souvent difficiles, qui conduisaient aux cavernes ornées de peintures pariétales ou dans lesquelles ont été retrouvées des effigies animales percées de coups, donne une indication valable sur des rites initiatiques de chasseurs, encore conservés par des populations primitives et étudiés par l'ethnologie comparée.
On peut observer universellement en toute initiation trois stades rituels distincts : la période de séparation des néophytes par rapport aux autres membres du clan ou de la tribu, la période d'attente dans un lieu isolé réservé à ces cérémonies, la période d'agrégation du néophyte à un groupe nouveau après des épreuves diverses.
Tantôt ces rites correspondent à des passages d'une « classe d'âge » à une autre et, dans ce cas, il s'agit de cérémonies de « purification sociale » en rapport avec des interdits religieux et avec l'organisation générale de la collectivité, tantôt ils ont pour but d'agréger le néophyte à un groupe magico-professionnel de chamans, de guerriers et de chasseurs, par exemple, et ces cérémonies ne respectent point nécessairement les tabous collectifs. Tout au contraire, dans beaucoup de cas, ces rites transgressent les règles ordinaires de façon telle que, dans certaines tribus où l'anthropophagie est considérée comme un crime, on impose à l'initié de manger de la chair humaine en l'enfermant avec un cadavre pendu dans la case de l'initiation. De même, les épreuves endurées par […]
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