Le mot sanskrit smriti (smṛti, « mémoire ») désigne « la Tradition », tandis que shrûti (śrūti, « audition »), désigne « la Révélation », c'est-à-dire l'ensemble des Écritures sacrées, le Veda. L'hindouisme, en effet, s'il se fonde effectivement sur les textes védiques (hymnes du Rigveda et de l'Atharvaveda, traités rituels, Brâhmanas, Aranyakas et Upanishads), les prolonge par une masse énorme d'autres ouvrages, pour la plupart en vers, qui concernent eux aussi la religion sous tous ses aspects. Mais c'est un acte de foi pour chaque hindou que le Veda est « éternel, non humain, permanent », alors que les textes de Smriti ont été composés par de saints personnages à seule fin d'« adapter » la doctrine védique aux conditions particulières de notre « âge cosmique », le Kali-Yuga, qui correspond à l'« âge de fer » d'Hésiode. C'est donc à la sphère de la Tradition (Smriti) qu'appartiennent les Purânas, les Agamas, les Tantras, les Dharma-Shâstras, ainsi que les deux grandes épopées : le Mahâ-Bhârata et le Râmâyana. Que ces textes soient tenus pour sacrés (bien que non révélés), on le voit au fait qu'ils sont tous rédigés en sanskrit (la « langue d […]
