Le théonyme celtique Smertrios est attesté sur l'autel des nautes de Paris conservé au musée de Cluny et qui date du ier siècle. La divinité est représentée sous l'aspect d'un homme jeune tenant une massue et prêt à assommer un serpent. Le nom est très incomplet et il est restitué par l'épigraphie. Mais la restitution est très sûre et l'assimilation à Mars est établie par une inscription trévire, à Liesenich (dans la région de Trèves), dédiée Marti Smertrio.
Il s'agit d'un dérivé suffixé du thème smer(t)-, qui a donné dans les langues néo-celtiques : en vieil irlandais airm(m)ert, « interdiction », en gallois armerth, « préparatif », en breton de Vannes armerhein, « épargner, économiser ». Smertrios doit être considéré comme un aspect royal du Mars celtique en tant que « protecteur » et peut-être comme garant ou pourvoyeur de richesses, signification par laquelle il correspond au théonyme féminin Rosmerta.
Christian-J. GUYONVARC'H
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