4. Littérature
• Recherche d'une culture nationale
L'émergence de la culture et, par conséquent, de la littérature nationale slovaque a été tardive et a dû emprunter bien des détours. La Slovaquie, qui, au ixe siècle, faisait partie de l'empire de la Grande-Moravie, constituait un important centre de la culture vieux-slave. Après la chute de l'État de Grande-Moravie, au xe siècle, le territoire de la Slovaquie fut intégré à d'autres États étrangers, et sa population, soumise à une oppression nationale et sociale pendant presque mille ans, perdit dès lors complètement tous les moyens d'affirmer sa personnalité.
Le latin devint la seule langue littéraire sur le territoire de la Slovaquie, et l'on ne conserve de la période gothique et romane que peu de documents écrits. On peut citer des légendes consacrées à deux saints slovaques, Svorad et Beňadik, qui datent du xie siècle, ainsi qu'une assez riche poésie humaniste provenant de l'époque de la Renaissance.
Au xve siècle, la langue tchèque prit le dessus sur le latin. Mais on peut noter que la poésie religieuse qui s'épanouit à cette époque et connut son apogée au xviie siècle est déjà parsemée d'expressions slovaques.
Outre ces écrits, il existe une littérature orale très riche dans sa forme et conservée dans les chansons, ballades, contes et poèmes épiques populaires qui sont empreints d'un lyrisme original. Un grand nombre de ces chansons est consacré au brigand légendaire Juro Janosǐk qui symbolise la révolte contre l'oppression féodale. Cette littérature populaire a gardé toute sa vitalité jusqu'au xixe siècle, et l'interdépendance de la tradition orale et de la littérature écrite slovaques constitue le trait le plus typique de l'évolution littéraire en Slovaquie.
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