3. La Slovaquie indépendante (depuis 1993)
En janvier 1993, pour les Slovaques, le mythe de la création d'un État « à soi » se réalise. Cette quête millénaire de l'indépendance avait été rendue impossible du fait de la tutelle des « oppresseurs » hongrois, puis tchèques.
• Les difficiles lendemains de l'indépendance
Légitimé par sa victoire électorale de juin 1992, Vladimir Mečiar, à la tête du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (H.Z.D.S.) et fort d'une partition négociée à l'amiable avec la partie tchèque, pouvait prétendre au titre de « père de l'indépendance ». Premier ministre de juin 1990 à avril 1991, puis de 1992 à 1994 et enfin de 1994 à 1998, Meǐar fut confronté aux dures réalités de la nouvelle situation du pays. Il fallait adapter ou créer des institutions étatiques, assumer les coûts de la partition d'avec la République tchèque et de la disparition de l'Union monétaire (février 1993), définir le rythme et les méthodes de la transition démocratique et de l'ouverture vers le marché (le pays était en forte récession depuis 1991, suite à la dissolution du C.A.E.M. et à la perte de ses débouchés en U.R.S.S., réorienter la politique étrangère dans l'optique d'une intégration dans l'Union européenne (U.E.) et l'O.T.A.N., et les relations bilatérales avec les pays proches (Hongrie, Ukraine, Autriche). La communauté internationale doutait de la capacité de Bratislava à aboutir à une « stabilisation démocratique ». Or, entre 1994 et 1998, on assista à un redressement économique remarquable, même si les méthodes employées ont été fortement critiquées par l'opposition et par les milieux financiers étrangers.
Une crise politique éclate. Sur la demande du président Michal Kováč, élu en février 1993, le Parlement destitue Meèiar, accusé d'incompétence et de corruption, au printemps de 1994. Mais, dès son retour au pouvoir, après une victoire lors des législatives anticipées en décembre 1994, à la tête d'une coalition – H.Z.D.S., Parti national slovaque et Association des ouvriers de Slovaquie – Mečiar décidait d'annuler la seconde vague de pr […]
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