En onze ans de pouvoir, Slobodan Milošević aura été un des principaux acteurs de la désintégration de la Yougoslavie. Ambitieux, il a su instrumentaliser le nationalisme serbe dans un but unique : prendre et consolider son pouvoir.
Né en août 1941 à Požarevac, en Serbie, d'un père monténégrin, pope orthodoxe défroqué devenu instituteur, et d'une mère communiste serbe, enseignante, Slobodan Milošević rencontre sa future femme, Mirjana Marković en 1957, au lycée. La mère de celle-ci a été exécutée par les partisans pour trahison en 1943 alors que son père est devenu un cadre important du Parti communiste de Serbie.
En 1958, les deux fiancés entrent aux Jeunesses communistes. Ils partent ensuite pour Belgrade, où lui entre à la faculté de droit, elle en sociologie. Elle décroche une chaire de sociologie marxiste à l'université de Belgrade alors que son époux devient, en 1973, le directeur de la firme pétrochimique d'État Teknogas puis, en 1978, directeur de la Beogradska Banka, la plus importante banque yougoslave.
Grâce à l'appui d'Ivan Stambolić, le patron de la Ligue des communistes de Serbie, Slobodan Milošević est élu en 1984 à la tête de l'organisation belgradoise de la Ligue. En octobre 1986, l'Académie des sciences et des arts de Serbie publie son mémorandum, véritable pamphlet nationaliste. Arriviste, mais prudent, Milošević condamne ce texte dont il fera plus tard son programme.
Ce sont les événements du 24 avril 1987 qui vont le propulser sur le devant de la scène. Il est envoyé au Kosovo pour y rencontrer la minorité serbe qui manifeste à Kosovo Polje contre les exactions des autorités autonomes albanaises. Assistant au matraquage des manifestants, il lance son célèbre : « Personne n'a le droit de frapper ce peuple. » Il vient de comprendre que le nationalisme va lui servir de tremplin. Désormais, il sera le chantre d'un national-communisme purement serbe. Pour ce faire, il se débarrasse de la vieille élite serbe titiste et, dès septembre 1987, il prend la place de son ancie […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



