La pénétration des Slaves dans la péninsule balkanique au vie siècle arrête le développement de l'art chrétien dans les régions où ils finissent par s'établir. Leur venue entraîne la ruine de nombreuses villes byzantines florissantes (Sirmium, Naissus, Scupi, Stobi...) et la disparition d'imposants sanctuaires. Au ixe siècle seulement, la christianisation et la création des premiers États slaves amèneront les populations nouvelles à entrer dans l'orbite de l'art chrétien : les Slaves de l'Est dans la sphère byzantine, ceux de l'Ouest dans la sphère romaine. Tandis que Bulgares et Macédoniens demeurent jusqu'à l'époque la plus récente dans le sillage de la culture et de l'art byzantins, et que les Croates et les Slovènes adoptent aussitôt les formes de vie et de civilisation européennes occidentales, les Serbes, eux, installés dans une zone qui depuis l'Antiquité avait délimité les États et les cultures de l'Est et de l'Ouest, réalisent une extraordinaire coexistence des mentalités, en matière de confessions, de culture et d'art. La grande étendue des territoires que les groupes ethniques serbes et leurs États avaient tour à tour occupés puis abandonnés au cours de leur histoire explique que les centres régionaux sont plus nombreux chez les Serbes que chez les autres Slaves du Sud. Cependant, les plus belles œuvres du Moyen Âge que les Serbes ont laissées sont inspirées par Byzance et l'esprit byzantin.
L'art bulgare s'est développé au cours des siècles sous le signe des doctrines esthétiques qui dominent le monde orthodoxe. Il est influencé par les changements du goût de la capitale byzantine et utilise les découvertes des différentes écoles dont il est l'héritier légitime. Il entretient de nombreux rapports avec la culture des pays voisins. Les conditions géographiques et politiques permettent en effet aux artistes d'emprunter directement non seulement à l'héritage antique, mais aussi à l'art du Proche-Orient, tout en enrichissant d'éléments iconographiques et plastiques originaux le vocabulaire pictural […]
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