Capitale de la Macédoine, Skopje comptait 506 000 habitants lors du recensement de 2002, soit le quart de la population du pays ; parmi eux, 67 p. 100 de Macédoniens slaves, 20 p. 100 d'Albanais, des Turcs, des Serbes et des Roms. La ville est située dans l'un des bassins de la vallée du Vardar qui, prolongée par celle de la Morava, comporte le principal axe de communication reliant les pays danubiens à la mer Égée. Ce bassin est limité au nord par la Skopska Crna Gora (montagne Noire de Skopje, 1 600 m), au sud par la Jakupica (2 540 m).
Skopje appartint à l'Empire romain à partir de 148 avant notre ère sous le nom de Scupi, puis à l'Empire romain d'Orient à partir de 395, avant d'être incluse, aux xe et xie siècles, dans l'Empire bulgaro-macédonien. Conquise en 1189 par les Serbes, reprise en 1261 par les Byzantins, par les Serbes à nouveau en 1282, la ville fut la capitale de leur empereur Dušan, qui y fut couronné en 1346. Incorporée en 1392 dans l'Empire ottoman, elle y demeura jusqu'en 1912 où elle fut conquise par les Serbes pendant la première guerre balkanique. Son nom comporte plusieurs variantes : Üsküb en turc, Shkup en albanais, Skoplje en serbe, Skopia en grec.
Son histoire a été rythmée par des destructions dues à des séismes (en 518, à la fin du xie siècle, en 1555, en 1963) ou à des guerres (invasions slaves à la fin du viie siècle, percée des armées autrichiennes en 1689). Prospère au xviiie siècle, Skopje a dépéri au xixe siècle alors que l'Empire ottoman se rétractait ; elle a connu un nouvel essor grâce à la construction, en 1888, d'une voie ferrée reliant Belgrade à Salonique. Au cœur d'une région très disputée dans la première moitié du xxe siècle (serbe en 1912, bulgare de 1915 à 1918, yougoslave de 1918 à 1941, bulgare à nouveau de 1941 à 1945, yougoslave de 1945 à 1991), elle a fréquemment exercé des fonctions de capitale (de vilayet ottoman, de république fédérée yougoslave) avant de devenir, en 1991, celle de l'État indépendant de Macédoine dans le contexte de la désag […]
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